Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu’un simple mythe
Chapitre
31 : Souvenir.
«- Tu peux pas
savoir comment tu m’a manquée, pendant quatre jours, James ! lança Lily,
blottie contre son petit-ami.
- Toi aussi, tu m’as sérieusement manqué,
répliqua-t-il aussitôt.
- Alors, comment tu vas ? Ca n’a pas été
trop dur ? s’enquit-elle, en s’écartant doucement, pour rencontrer ses
yeux un peu plus rougis que de coutume.
- Ca va mieux, maintenant que tu es là.»
avoua-t-il, avant de l’embrasser, l’enlaçant étroitement.
Elle y répondit
aussitôt, passant les bras autour de son cou. Une toux discrète les
interrompit.
«Euh…, désolé
d’interrompre les…retrouvailles, mais il faudrait voir à ne pas oublier que
vous n’êtes pas tout seuls, là ! » commenta Sirius, amusé, un bras passé
autour de la taille d’Amy.
Lily esquissa un
léger sourire à son petit-ami qui adressa un regard lourd en sous-entendu à
Sirius, tout en passant un bras autour des épaules de la jeune fille.
- Oui…, mais…, comment compte-tu faire
ça ? s’enquit Harry..
- Avec une potion ! résuma James en se
dirigeant vers son lit. Une potion de Lire-Mémoire… Comme son nom l’indique, ce
produit permet de faire ressurgir un souvenir passé ou oublié… !
précisa-t-il en prenant un de ses livres et en le feuilletant distraitement.
Ah, voilà. » conclut-il en s’arrêtant brutalement à une page.
Harry, fronçant les
sourcils, s’avança vers le Maraudeur qui, assis sur son lit, parcourait déjà la
liste des ingrédients nécessaires à la réalisation de la potion. Visiblement,
il prenait cette décision très à cœur.
«- On est sensé
l’étudier d’ici la fin de l’année…, mais je ne devrais pas avoir de problème
pour rassembler le matériel nécessaire…, en dehors d’un ou deux trucs qu’il
faudra aller chercher dans l’armoire personnelle de Krayak !
- Est-ce que tu compte vraiment la préparer
toi-même ?
- Bien sûr. Je veux vraiment savoir ce qui va
se passer. Et je suis plus doué en Potions que Krayak ne l’admettra jamais…
Mais, si tu change d’avis, je comprendrai, évidemment…
- Non. Je veux dire…, c’est ton droit, si tu
veux vraiment le savoir. Seulement…
- Bon, dans ce cas…, on a quasiment tout ce
qu’il faut parmi nos ingrédients ! commenta James en refermant son livre
d’un claquement sec. Tu viens ?
- Tu vas vraiment la faire…tout de
suite ?
- Ouais. » confirma James avant de
quitter le dortoir, suivit de Harry.
* * * * *
Harry pénétra dans
la pièce que lui avait montré, quelques heures auparavant, James. Celui-ci,
releva brièvement la tête du livre qu’il parcourrait avec attention, à son
arrivée et esquissa un petit sourire lorsque l’adolescent sortit du couvert de
la cape d’invisibilité.
«- Je les ai !
déclara Harry, en sortant des fleurs de lotus, une fiole de liqueur de caféier
et un flacon d’essence de Calathéa, ingrédients qu’il avait dû chercher dans la
réserve personnelle de Krayak.
- Super ! répliqua James, satisfait. Tu
n’as pas eu trop de problèmes ?
- Aucun ! assura Harry en déposant les
produits sur la table à laquelle le Maraudeurs travaillait. Krayak était dans
le couloir, devant la porte, grande ouverte, de son bureau, et se plaignait de
Peeves à Rusard. Ca n’a, donc, été qu’une simple formalité de me glisser dans
son bureau, trouver ce dont j’avais besoin et repartir comme j’étais
venu ! »
James sourit à cette
remarque.
«- Alors, tu as
encore besoin de mon aide ? s’enquit Harry.
- Non merci…, tu en as déjà assez fait comme
ça pour aujourd’hui… ! rétorqua James, en versant quelques gouttes
d’essence de Calathéa dans le chaudron installé dans la pièce. Il ne me reste
plus qu’à mettre les feuilles de lotus et ça sera prêt…, dans une dizaine de
minute. Tu ferais mieux de t’asseoir en attendant, au lieu de rester
debout. »
Harry se laissa
choir sur une chaise qui traînait à proximité et observa James qui, absorbé par
la préparation de sa potion, avait commencé à couper les fleurs de lotus.
« Au fait, en
revenant, j’ai croisé Lily dans le couloir de la Bibliothèque. Je crois qu’elle
te cherchait. »
James leva à nouveau
les yeux vers lui.
« J’irai la trouver
quand on en aura finit avec ça. On ne peut pas se permettre de laisser reposer
cette potion, au risque qu’elle perde en efficacité. »
* * * * *
Quelques minutes
plus tard, James tendit un gobelet contenant une potion violette à Harry.
« Ca risque de te
faire somnoler. » prévient le Maraudeur.
Harry acquiesça d’un
signe de tête.
«- Ne vaudrait-il
mieux pas que je reprenne ma véritable apparence ?
- Non, je ne crois pas que ce soit
nécessaire… ! Tes souvenirs sont les mêmes, que tu sois en Calaway ou en
Potter ! répliqua James en souriant. Et puis, je ne sais pas quel effet
pourrait avoir le mélange de la potion d’Aparencia à celle de Lire-mémoire. Il
vaut donc mieux ne pas prendre de risques inutiles. »
Harry approuva à
nouveau, avant de boire le contenu du gobelet d’un trait, esquissant une légère
grimace, sous le regard attentif de James. Celui-ci esquissa un léger sourire,
un autre verre à la main, la fiole de liqueur de caféier dans l’autre.
«- Qu’est-ce qu’il y
a ? s’étonna Harry.
- Oh rien ! Seulement j’ai encore du mal
à me dire que j’ai le même âge que mon fils…, ou plutôt de mon futur fils, et
que je vais aller me balader dans un de ses souvenirs.
- Et tu crois que ça ne m’a pas paru étrange
de côtoyer durant près d’un an mes futurs parents qui ont le même âge que
moi ? » rétorqua Harry, en riant légèrement.
Un long moment
s’écoula, tous deux trompant leur nervosité en discutant de tout et de rien…,
jusqu’à ce que Harry ressente les premiers effets de la potion.
« Bon…, alors,
c’est partit ! soupira James, s’en rendant compte, avant d’ajouter deux
gouttes du contenu de la fiole dans son verre qu’il vida d’un coup. Mouais,
c’est vrai que le goût de cette potion est loin d’être fameux !
marmonna-t-il. Tu es toujours prêt à le faire ? »
Harry acquiesça
légèrement, tout en luttant contre la somnolence qui le gagnait. James eut un
petit sourire, inspira profondément et s’approcha de l’adolescent.
« On ne peut
plus reculer, de toute façon ! murmura-t-il. Ne t’inquiètes pas, Harry, ça
n’altèrera pas tes souvenirs ! assura-t-il avant de poser sa main sur le
front de ce dernier tout en fermant les yeux, se concentrant intensément sur la
data que lui avait donné Harry. Le 31 octobre 1981. »
* * * * *
(Nda : A partir de là et pour toute la durée du souvenir,
et pour faciliter les choses, le James étudiant sera qualifié par
“l’adolescent”, sinon, il s’agira du James adulte)
// Lorsque l’adolescent
rouvrit les yeux, il se trouvait au beau milieu d’un chemin, heureusement
désert, soigneusement entretenu qui serpentait entre des rangées d’arbres. D’après ce qu’il avait lu sur la potion de Lire-mémoire, il
pouvait tout voir sans être vu mais il ne pouvait, en aucun cas, interférer
dans ce qu’il verrait. Ses actions restaient indépendantes de ce qui se
passerait dans ce souvenir. Il était parfaitement conscient que ce ne serait
pas évident d’assister à la mort de sa version adulte mais… il devait
absolument savoir ce qui se passerait ce soir-là, et se faire une idée de la
vie que serait la sienne, après Poudlard…
Il se tenait devant
un vaste Manoir qu’il n’eut aucun mal à reconnaître…
« Godric’s
Hollow… ! »
Bien sûr, c’était
logique : ses parents ayant été tués par Voldemort, tout lui revenait…, y
comprit la demeure familiale.
Hésitant sur la marche
à suivre, il resta là, à observer l’entrée de la propriété, tout en s’efforçant
de se rappeler tout ce qu’il avait pû apprendre sur la potion qu’il avait
employé. En fait, maintenant qu’il était dans le souvenir de Harry, il était
libre de faire ce qu’il voulait…, ou presque. Il s’avança finalement vers la
bâtisse qui se dressait devant lui, mais un aboiement familier le tira de ses
réflexions, alors qu’il pénétrait dans le jardin du Manoir Potter.
« Patmol est
là. » murmura-t-il en souriant.
Et, effectivement,
il ne tarda pas à apercevoir un gros chien noir vautré dans la pelouse près du
perron, apparemment seul. L’adolescent haussa un sourcil, jetant un regard
autour de lui et ne pût réprimer un sourire en constatant que les alentours
n’avaient pas vraiment changés (au point qu’il se demandait même s’il se
trouvait réellement dans le futur), en dehors de quelques modifications qui
correspondait parfaitement à ce que pourrait donner une intervention de Lily.
Il revint à la
réalité alors que le chien laissait échapper une plainte douloureuse, en se
levant brutalement, rapidement suivit d’un cri enfantin. L’adolescent se tourna
aussitôt dans cette direction où, le départ précipité du “chien” avait provoqué
la colère du nourrisson qui, jusqu’à présent, devait se trouver derrière
Patmol. Le jeune homme sourit un peu plus largement, en découvrant la version
“modèle réduite” de Harry. Mais la protestation du petit garçon n’avait pas
passé inaperçu.
« Patmol,
qu’est-ce que tu lui as fait, cette fois ? » intervint une voix à la
fois grave et amusée.
L’adolescent
tressaillit et reporta aussitôt son attention vers la bâtisse, pour découvrir
sa version plus âgée qui se tenait sur le perron et s’avançait à présent vers
le garçonnet qui babilla gaiement en apercevant son père. Celui-ci sourit,
s’arrêta et s’accroupit à quelques pas du bambin.
« Allez, Harry,
viens voir papa. » lança-t-il en tendant les bras vers l’enfant.
L’adolescent, qui ne
ratait pas une miette du spectacle, observa, amusé, le nourrisson qui, après un
moment d’hésitation, se mit lentement debout et s’avança d’un pas hésitant vers
son père qui le prit dans ses bras et souleva du sol le petit garçon qui
semblait tout fier de son exploit.
« Alors, p’tit
champion, qu’est-ce que Patmol t’a fait comme misère cette fois ? »
lança l’adulte en souriant à son fils.
Le chien jappa
d’indignation, faisant ainsi sourire l’adolescent et rire le James adulte.
«- C’est une
impression où tu es plus susceptible que je le pensais, Sirius ? se moqua
ce dernier, alors que son ami reprenait sa forme humaine sous le regard
intéressé de Harry.
- Non ! riposta l’Animagus. Seulement,
j’ai quand même le droit de protester quand ton très cher fils me tire les
oreilles, j’espère ?
- Oh, la pauvre petite nature ! ironisa
James, son fils, agrippé à la robe de sorcier de son père, dans les bras.
- Et puis, après tout, ce n’est pas comme si
c’était la première fois que cela arrivait. » intervint alors une nouvelle
voix toute aussi familière à l’adolescent et qui fit sursauter tout le monde.
Harry gazouilla de
plus belle , saluant ainsi l’arrivée inopinée de sa mère.
«- Lily !
protesta Sirius, une main sur le cœur. Je vais finir par croire que tu veux me
faire mourir de peur ! plaisanta-t-il. On dirait que c’est devenue une
manie chez toi de nous faire sursauter.
- Pour une fois que j’ai l’occasion d’être
imprévisible ! rétorqua la jeune femme, en souriant, en rejoignant son
mari qui passa un bras autour de ses épaules tout en tenant toujours contre lui
le garçonnet qui babillait joyeusement. Mais pour en revenir à ce que je
disais, ce n’est sûrement pas la première fois…, et chaque fois tu t’en plains
mais ça ne t’empêche pas de recommencer à te laisser malmener par ton filleul.
- Ecoute la voix de la raison, Sirius !
lança, moqueur, James. Et tu… Eh là, Harry ! s’exclama-t-il alors que
l’enfant tendait brutalement les bras vers les lunettes de son père. Combien de
fois devrais-je te dire qu’il ne faut pas toucher aux lunettes de papa ?
ajouta-t-il, amusant d’autant plus Lily et Sirius que Harry prit une petite
mine boudeuse.
- Allez, viens là, mon poussin, au lieu
d’embêter ton père. » intervint Lily en prenant son fils dans ses bras.
Le nourrisson
retrouva aussitôt son sourire, visiblement ravi, et vint se blottir avec
bonheur dans les bras de sa mère.
«- Oh, James…, mon
vieux, tu as de la concurrence… ! plaisanta Sirius.
- Que veux-tu, personne ne résiste aux
charmes de Lily. » soupira l’intéressé sur un ton faussement tragique.
La jeune femme se
contenta de sourire, avant d’embrasser brièvement son mari.
«- Tu es bien placé
pour le savoir ! observa-t-elle.
- Plus que quiconque. » rétorqua-t-il en
souriant et en passant les bras autour de la taille de son épouse.
L’adolescent qui
assistait à cette scène, invisible aux yeux des trois adultes, esquissa un
sourire. Au moins tout cela avait quelque chose de rassurant. Il avait la
certitude que, durant les deux dernières années de sa vie, il aurait une vie
heureuse, entre la femme de sa vie, son fils et ses amis…, et cela malgré
l’imminence de la menace de Voldemort.
«- Alors, Sirius…,
tu restes manger avec nous ce midi ? demanda Lily, au bout d’un moment,
alors adossée à son mari qui avait passé les bras autour de sa taille, le
menton négligemment posé contre les cheveux auburn de son épouse.
- Et bien…
- Allons, Sirius, ne te fais pas prier, je
sais que tu en meurs d’envie ! lança, moqueur, James. Et puis, tu sais
pertinemment que tu es toujours le bienvenu chez nous.
- Hum…, bon, d’accord, si tu insistes !
ironisa Sirius. Et puis, c’est toujours un plaisir de profiter de la cuisine de
ta chère et tendre épouse, James. Parfaite sur tous les points de vue.
- N’en fait pas trop, Sirius ! riposta
la jeune femme qui portait toujours Harry dans les bras, celui-ci jouant à
présent avec la chaînette dorée qu’elle portait autour du cou. Bon, et si vous
continuiez plutôt cette passionnante conversation à l’intérieur, plutôt que de
rester dans le jardin ? suggéra-t-elle, en s’écartant de son mari pour
jeter un regard aux deux hommes. D’autant plus que j’en connais un qui ne va
pas tarder à réclamer son repas ! ajouta-t-elle en sous-entendant son
fils.
Celui-ci, se
désintéressant du collier de sa mère, leva aussitôt les yeux vers elle.
«- ‘epas ?
répéta-t-il, visiblement enchanté.
- Tu as encore dit ce qu’il ne fallait pas,
Lily ! se moqua James. Tu n’as, désormais, plus d’autre choix que de lui
donner ce qu’il veut.
- Peut-être mais dois-je te rappeler que tu
n’es pas le mieux placé pour faire ce genre de commentaires alors qu’il y a des
mots que tu répètes un peu trop souvent à mon goût devant lui et que je
préfèrerais que tu… ?
- Ah, comme le Quidditch ! plaisanta
Sirius, en esquissant un large sourire machiavélique.
- SIRIUS ! s’écria, inutilement, Lily.
- ‘ditch ! gazouilla aussitôt Harry en
s’agitant dans les bras de sa mère qui leva les yeux au ciel.
- Non, mon chéri, tu es trop jeune pour
ça ! rétorqua-t-elle calmement tout en adressant un regard noir à Sirius.
- Hum, Cornedrue, je crois qu’elle t’en veut
encore de l’avoir prit avec toi sur ton balai ! observa, sur le ton de la
confidence, le “fautif”, en se penchant vers son ami.
- Je le crois aussi. » soupira
l’intéressé.
* * * * *
L’après-midi s’était
écoulé on ne peut plus tranquillement, voir de façon presque ennuyante alors
que les trois adultes, profitant de la sieste du nourrisson, discutaient de
“choses sérieuses” qui ne concernaient pas encore l’adolescent qui continuait à
observer ce qui se passait. Il en profita cependant pour en apprendre un peu
plus sur ce fameux Sortilège de Fidélitas dont lui avait vaguement parlé Harry
en 1978…, bien qu’il ignorait toujours l’identité du Gardien du Secret choisi
Mais une meilleure ambiance était revenue chez les Potter lorsque le bambin se
réveilla un peu avant seize heures. L’adolescent était impressionné par la
façon dont la simple présence du petit garçon suffisait à changer,
radicalement, l’humeur des trois sorciers présents.
En fait, plusieurs
choses avaient surpris le “visiteur clandestin”. La première tenant du fait
que, visiblement, l’influence de Lily avait poussée sa version adulte à
s’intéresser aux pratiques Moldues (ce qu’il n’aurait jamais crû possible
jusque là), à en croire les divers appareils moldus qui meublaient les lieux.
L’autre résidait dans le fait que si, visiblement, le Gardien du Secret avait
déjà été désigné et soumis au Sortilège de Fidélitas, comment se pouvait-il que
Sirius soit là ? Mais l’adolescent avait rapidement obtenue une réponse à
cette question… James ayant une confiance aveugle envers Patmol qui avait
toujours fait preuve d’une loyauté sans pareille, ce dernier étant, qui plus
est, le parrain du garçonnet (qui vadrouillait dans le salon, sous la
surveillance de ses parents, à la poursuite d’un chat qui n’était autre que
Neige) avait probablement été la seule autre personne à être au courant du lieu
où se trouvaient les Potter, probablement à la propre initiative de ceux-ci.
Finalement, vers 20
heures, Sirius partit, rappelant au couple de rester prudent, au cas où,
laissant ainsi les Potter entre eux. L’adolescent songea alors que les fameux
évènements qui avaient brisés la vie de Harry ne devraient plus tarder. Ce
n’était plus qu’une question d’heures, et de patience…, ce qui n’avait jamais
été la qualité première de l’adolescent.
Celui-ci, assit dans
un coin du salon, sourit en observant la petite scène familiale qui s’offrait à
lui : le garçonnet suçait son pouce, installé entre ses deux parents sur
le canapé, devant la télévision…
Tout paraissait si
calme, tellement tranquille…, et l’adolescent commençait à avoir du mal à
imaginer que tout cela allait bientôt se terminer… Et pas de la meilleure façon
qui soit.
Au bout d’un moment,
le nourrisson bailla et vint se blottir contre sa mère qui sourit tendrement à
l’enfant tout en passant la main dans ses cheveux en bataille.
« Fatigué, mon
poussin ? » murmura-t-elle.
Le petit garçon
babilla indistinctement en se serrant un peu plus contre sa mère.
«- Je crois que tu
as ta réponse ! commenta, amusé, son mari, un bras passé autour des
épaules de son épouse.
- Oui ! confirma-t-elle en embrassant
brièvement son mari avant de se lever, prenant son fils dans les bras. Allez,
Harry, il est l’heure de dormir, mon cœur ! annonça-t-elle. Dis bonne nuit
à papa, Harry.
- ‘uit papa ! gazouilla aussitôt le
bambin, arrachant ainsi un sourire à son père et à l’adolescent qui observait
la scène.
- Bonne nuit, mon bonhomme. » répondit
son père en l’embrassant sur le front.
Un grand sourire
apparut alors sur les lèvres du garçonnet qui tendit brutalement la main.
«- Ah non,
Harry ! s’exclama son père, en souriant, et reculant aussitôt. Tu sais
très bien que tu ne dois pas toucher aux lunettes de papa.
- ‘ette ! protesta le nourrisson.
- Tu auras peut-être plus de chance la
prochaine fois, Harry ! commenta Lily, amusée, avant de se diriger vers la
sortie. Allez, mon trésor, je te change et après, au lit avec une petite
histoire. » déclara-t-elle en quittant le salon.
L’adolescent hésita
sur ce qu’il devait faire puis sourit en observant l’air rêveur qu’affichait sa
version adulte qui finit par soupirer, revenant à la réalité du moment, avant
de changer de chaîne. L’adolescent sourit à nouveau, ayant encore du mal à
croire que lui, un sorcier de pure souche, élevé dans les traditions on ne peut
plus sorcières, puisse se retrouver là, à zapper tout naturellement devant une
télévision… Très certainement sous l’influence “Evanesque”.
Au bout d’un moment,
l’adolescent se risqua à quitter son poste d’observation, lassé par le calme
qui régnait dans la maison et décidé à bouger un peu. Il se glissa discrètement
à l’étage et ne tarda pas à repérer la chambre du nourrisson. Visiblement, le
couple n’avait pas lésiné sur le bien-être de l’enfant, à voir sa chambre…
Celui-ci, dans les bras de sa mère, écoutait avec intérêt l’histoire qu’elle
lui racontait.
« Mais quoi qu’il
arriverai, il savait qu’il ne serait jamais seul, qu’ils seraient toujours là
pour lui…, même si la vie n’était pas toujours facile pour lui. »
Le “visiteur
clandestin” réalisa alors que ce que la jeune femme disait pouvait s’adapter,
parfaitement, au cas de Harry. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence. Ou bien
elle savait, de quelque manière que ce soit, ce qui se passerai…
« Je t’aime,
mon poussin. Je t’aimerai toujours. » souffla la jeune femme en déposant
un baiser sur le front de son fils qui s’était finalement assoupi, avant de le
déposer dans son lit et le border minutieusement.
Le bébé geignit dans
son sommeil alors qu’elle l’observait avec tendresse.
« Dors, mon
cœur, maman est là. » souffla-t-elle aussitôt, en passant une fois de plus
la main dans les cheveux de son fils.
Un quart d’heure
plus tard, s’étant assurée que le petit garçon s’était enfin endormi, elle se
décida à s’écarter du lit de son fils. L’adolescent se hâta de redescendre…
pour voir sa version adulte quitter la fenêtre près de laquelle il se trouvait
visiblement jusque là. Aucune expression n’apparaissait sur le visage de
l’adulte. Bien sûr, il savait ce qui allait se passer…
Ce détail troubla
l’adolescent. D’après Harry, Dumbledore devait les soumettre à un sort
d’amnésie lorsque Harry repartirait à son époque. Mais si les adultes que Lily
et lui deviendraient étaient au courant de ce qui allait se passer…, alors, ils
avaient dû trouver un moyen d’échapper au sort de Dumbledore.
Il fut, néanmoins, ramené à
la réalité lorsque la jeune femme réapparue dans le salon.
« Il
dort. » murmura-t-elle, alors que son mari l’entourait de ses bras.
Celui-ci sourit et
l’enlaça étroitement.
« Nous serons
toujours ensemble, quoiqu’il arrive, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.
L’adulte sourit un
peu plus sombrement, mais l’embrassa sur le front.
« Nous
veillerons toujours sur Harry…, peu importe ce qu’il adviendra de nous. »
répondit-il finalement.
La jeune femme
acquiesça avec gravité et embrassa son mari.
* * * * *
Des pleurs enfantins
firent sursauter l’adolescent qui somnolait dans un coin de la pièce. Tout
était, décidément, beaucoup trop calme pour lui…
Le couple, jusque là
enlacé sur le canapé, discutant de choses et d’autres, se sépara et la jeune
femme se hâta à l’étage, suivit par l’adolescent qui était plus qu’enchanté
d’avoir enfin une occasion de se dégourdir les jambes et la trouva occuper à
calmer le bambin.
« Chut, mon
chéri. Chut, mon cœur, c’est fini ! souffla-t-elle. Ce n’était qu’un
mauvais rêve, mon poussin. Chut… C’est fini. Tout va bien… Maman est là…
Chut. »
Lentement, le
nourrisson se détendit dans les bras de sa mère, les yeux fixés sur elle,
sensible à ses paroles réconfortantes, à la douceur de sa voix.
Progressivement, ses
sanglots s’espacèrent et il finit par cesser totalement de pleurer, encore
secoué de hoquets silencieux, tout en restant cramponné à la robe de sa mère.
« Oui, mon
poussin… ! C’est fini… ! Tout va bien… ! » répéta-t-elle,
en lui souriant avec tendresse, le berçant sans discontinuer.
Au bout d’un moment,
elle commença à chantonner, un sourire apparaissant alors sur le visage de son
fils, toujours agrippé à elle :
“Petit garçon qui
fait battre mon cœur…
Toi qui est né de
l’union d’un grand amour…
Tu symbolises pour
moi le bonheur…
Bonheur que tu
m’apportes chaque jour.
“Rien n’est plus
magique que le sourire d’un enfant”.
Avec toi,
aujourd’hui,
Je découvre dans ses
mots d’antan,
Que l’on ne m’avait
pas menti.
Petit bébé né de
deux mondes différents,
Tu as en toi un grand
pouvoir :
Celui de l’amour de
tes parents,
Qui te protégera
éternellement,
Et, en toi, fera
vivre l’espoir.
Petit sorcier si
innocent,
Gardes en toi cet
espoir, quoi qu’il arrive,
Car même si ton père
et moi devions un jour partirent sur l’autre rive,
Avec toi, nos
esprits resteront éternellement.”
L’enfant gazouilla
dans les bras de sa mère, à présent totalement calmer…, sous le regard de
l’adolescent qui observait la scène depuis le couloir. Celui-ci se retourna
cependant en entendant un bruit discret derrière lui, pour apercevoir sa
version adulte qui resta sur le seuil de la chambre de son fils. La jeune
femme, ayant aperçue son mari, s’avança vers lui, le garçonnet blottit contre
elle.
C’est alors que tout
bascula… Une porte s’ouvrit avec fracas en bas, faisant sursauter les deux
adultes, l’adolescent et le nourrisson qui s’agrippa à sa mère. Cette dernière
pâlit brutalement.
«- James… !
commença-t-elle, en rencontrant le regard de son mari, une seconde avant que
celui-ci ne se tourne vers l’escalier.
- Reste là ! souffla-t-il, en posant la
main sur son bras. Ne bouge surtout pas d’ici et…
- Et quoi, James ? répliqua la jeune
femme, soucieuse. Qu’est-ce qu’on peut faire si c’est vraiment lui ? Tu ne
pourra pas lui tenir tête seul.
- Reste avec Harry. On ne peut rien contre
lui, mais on peut au moins le retarder. »
L’adolescent s’était
reculé, suivant avec intérêt la discussion entre les deux adultes, partagé
entre son envie d’en savoir plus et celle de partir au plus vite de ce
souvenir, alors que sa version adulte s’approchait de l’escalier, disparaissant
momentanément de sa vue…, avant de revenir en catastrophe.
« Lily !
Prends Harry et va-t’en ! C’est lui ! Va-t’en ! Cours, je vais
le retenir… » hurla-t-il, en se ruant vers la chambre de son fils.
L’adolescent, malgré toute
sa bonne volonté, ne parvint, cependant, pas réprimer un frisson d’horreur en
apercevant la sombre silhouette qui apparue alors à l’autre extrémité du
couloir. Arrivée qui n’échappa pas non plus à la jeune femme qui écarquilla les
yeux, horrifiées.
« James… !
Il… »
Mais le sorcier
s’était déjà déplacé, s’interposant devant la porte de la chambre.
« Lily, pense
d’abord à Harry ! » s’écria-t-il, en la repoussant dans la pièce.
La jeune femme
hésita et voulu protester mais les premiers sanglots de son fils la ramenèrent
à la réalité, pour découvrir l’expression effrayée du bambin qui fixait la
silhouette de mort qui s’approchait, baguette à la main, un petit sourire
mauvais aux lèvres. Elle se détourna aussitôt et referma vivement la porte
derrière elle, qu’elle scella d’un sort.
L’adolescent reporta
alors son attention sur sa version adulte qui se dressait à présent, seule,
face à Voldemort lui-même.
« Expelliarmus. »
lança, nonchalamment, le mage noir.
L’adolescent vit
avec effarement, sa version adulte se retenir au chambranle de la porte, dans
une tentative désespérée de contrer l’effet du sort de Désarmement, mais se
retrouva, tout de même projeté au sol tandis que sa baguette arrivait aux pieds
de Voldemort qui esquissa un sourire triomphant et ne prit même pas la peine de
ramasser l’objet.
«- Comme on se
retrouve, Potter ? ironisa le mage noir, alors que son adversaire, se
relevant vivement et animé par une farouche détermination, revenait
s’interposer devant la porte menant à la chambre de son fils. Je dois admettre
que j’ai eu quelques difficultés à vous retrouver mais… Comme tu peux le voir
par toi-même, personne n’échappe éternellement à Voldemort ! jubila-t-il,
sa baguette distraitement pointée. Voilà ce qui arrive quand on choisit mal son
Gardien du Secret et quand on s’obstine à me tenir tête…
- Je préfère mourir que de me joindre à vous,
je vous l’ai déjà dit ! rétorqua, sèchement, James.
- Oh, mais c’est ce qui va t’arriver,
Potter ! ricana Voldemort. Ceux qui s’opposent à moi doivent disparaître.
C’est aussi simple que ça. Et si tu espère me retenir pour permettre à la
Sang-de-Bourbe de s’enfuir, c’est que tu es bien plus présomptueux que je
l’imaginais ! ajouta-t-il, moqueur. Tu ne peux pas me résister, Potter,
encore moins me battre, et tu le sais aussi bien que moi…
- Si vous voulez me tuer…, alors tuez
moi ! riposta, durement, James. Mais laissez Lily et Harry hors de ça. »
Voldemort éclata de
rire, faisant frémir l’adolescent qui se recula un peu plus, sans quitter des
yeux la baguette qui traînait aux pieds du mage noir.
«- Assez plaisanté,
Potter ! reprit, finalement, le sorcier. Tu connais aussi bien que moi le
potentiel magique de ton fils. Et tu t’imagine vraiment que je vais épargner un
ennemi potentiel de cette valeur ? En fait, pour tout te dire, ce gosse
m’intéresse bien plus que toi… Toi, tu n’es, tout au plus, qu’un simple…échauffement
en comparaison. Mais, si ça peut te rassurer, Potter, il n’y aura que deux
meurtres ce soir… !
- Je ne vous laisserai pas vous approcher de
Harry ! cingla James.
- Tu crois ça ? »
L’adolescent fixait
toujours la baguette qui traînait sur le sol. Si seulement il pouvait trouver
un moyen d’intervenir… Une idée lui vint à l’esprit, le faisant sourire. Il ne
pouvait pas interférer dans l’action même de ce qui se passait…, mais il
pouvait influencer les évènements… Et cela, discrètement, étant donné que
personne ne pouvait le voir.
Il en était là dans
ses réflexions lorsque…
« Endoloris. »
L’adolescent grimaça
alors que sa version adulte, prise par surprise, était projetée sans ménagement
au sol, sous le coup du Sortilège. L’adolescent, s’efforçant d’ignorer la
souffrance évidente de sa version adulte et de ne pas penser au fait que ça
serait lui qui, dans quelques années, subiraient l’attaque du mage noir, se
décida à intervenir, profitant que Voldemort était concentré sur son adversaire
qui s’efforçait, tant bien que mal de se relever.
L’adolescent se
déplaça, de façon à se trouver, légèrement derrière sa version adulte qui
continuait à provoquer verbalement le mage noir. L’adolescent s’accroupit, les
yeux fixés sur la baguette, tout en cherchant la sienne dans sa poche…avant de
se rappeler qu’il l’avait laissé sur la table de la “salle des expériences”
lorsqu’il préparait la potion de Lire-Mémoire.
« Et
mince ! » songea-t-il, frustré par la situation.
Comment avait-il pû
être aussi stupide pour ne pas penser à prendre sa baguette, alors qu’il savait
pertinemment qu’il se trouverait dans un contexte qui en nécessiterai
l’utilisation ? Quoiqu’il en soit, il allait devoir s’en passer. Il
inspira profondément pour essayer de se calmer, alors que, à quelques pas de
lui, Voldemort lançait un nouveau sort que sa version adulte contra
habillement.
L’adolescent devait
se concentrer. Déjà que, en temps normal, la magie sans baguette n’était pas
son fort…, dans de telles conditions, parvenir à faire ce qu’il voulait
tiendrait du miracle… En effet, la concentration n’était pas vraiment sa vertu
première, sauf durant les matchs de Quidditch…
« Imagine que
tu es en plein match, songea-t-il. Pense que cette baguette est le Souaffle.
Visualise mentalement le sortilège de “Déplace-tout”. »
A son plus grand
soulagement, il vit l’objet bouger aux pieds du mage noir qui était trop occupé
pour s’en rendre compte. L’adolescent s’efforça cependant à ne pas crier
victoire trop tôt. Non seulement, il devait réussir à canaliser le sort, mais,
surtout à l’employer prudemment, par crainte qu’un déplacement trop brutal
n’attire l’attention du mage noir. Progressivement, l’adolescent, concentré sur
la baguette, parvint lentement, petit à petit, à éloigner l’objet de Voldemort.
Mais si ce
déplacement sembla échapper au Seigneur des Ténèbres, ce ne fut pas le cas pour
son adversaire qui haussa les sourcils et relâcha, momentanément sa
concentration sur le charme du Bouclier qu’il s’efforçait de maintenir, de
sorte qu’il fut heurté de plein fouet par le sort lancé par son adversaire, le
projetant durement contre le mur le plus proche. Visiblement sonné, l’espace
d’un instant, par le choc, James se retrouva bien vite menacé par une baguette
pointée sur sa gorge, alors que Voldemort lui faisait face, un sourire mauvais
aux lèvres.
L’adolescent,
stupéfait par ce qui venait de se passer, avait perdu sa concentration, surtout
que, au même instant, la porte de la chambre s’ouvrit.
« James ! »
L’intéressé
tressaillit à peine, alors que l’adolescent, depuis son poste d’observation,
sursautait, pris au dépourvu.
«- Oh, qui
voilà ? ironisa le mage noir tout en appuyant un peu plus l’extrémité de
sa baguette contre la gorge de son adversaire, en apercevant la jeune femme,
inquiète, qui, sa propre baguette à la main, se tenait sur le seuil de la
porte.
- Lily…, non ! Tu… »
Il s’interrompit
lorsque Voldemort accentua un peu plus la pression de sa baguette.
«- Il me suffirait
d’un sort, Potter…, siffla Voldemort.
- Laissez-le, je vous en supplie !
intervint la jeune femme dont le regard ne cessait de passer de son mari au
mage noir.
- Lils…, ça va aller ! lâcha, tant bien
que mal, l’adulte en lui jetant un bref regard. Ca…Oh non. » souffla-t-il, ses
yeux s’écarquillant de crainte.
En effet, Harry,
profitant de l’inattention de sa mère, s’était glissé hors de sa chambre, par
l’entrebâillement de la porte, et se trouvait, à présent, dans le couloir, à
l’effroi de la jeune femme qui prit conscience au même instant, de la
situation.
« Harry… »
souffla-t-elle, paralysée par la surprise.
Mais le mage noir
avait également aperçu l’enfant (celui-ci, ayant découvert la baguette qui
traînait au milieu du couloir, s’amusait désormais, avec en toute insouciance
du danger, sous le regard effaré de ses parents) et esquissa un sourire
satisfait.
« Oh, mais
voilà la petite terreur. » gloussa-t-il.
Le bambin sursauta,
surpris, la baguette qu’il avait entre les mains se retrouvant ainsi pointée
sur Voldemort qui se retrouva alors bariolé de la tête au pieds, offrant un
curieux dégradé de vert agrémenté de rayures roses fluo.
Mais cette brève
diversion suffit à James qui rejeta vivement la tête en arrière pour se
soustraire à la menace de la baguette, tout en “tâclant”, au passage les jambes
du mage noir qui, prit au dépourvu, perdit l’équilibre et s’étala dans le
couloir. Dans le même temps, James s’était déjà relevé et avait récupéré sa
baguette, tandis que Lily, semblant se remettre de son choc premier, s’était
précipitée sur son fils qu’elle serrait à présent contre elle.
«- Lily, va-t’en,
lui intima son mari. Vite !
- Non, James ! Pas sans toi. Je reste
avec toi…
- Lily, fais-le, pour moi. Pour Harry…
Va-t-en avec lui ! C’est l’occasion
ou jamais ! Tout se passera bien, je te le promet. Mais fais vite !
Va-t-en… »
Mais Voldemort
s’était déjà relevé, plus furieux que jamais et toujours aussi coloré.
« Aucun de vous
ne va aller nulle part ! Et tu vas regretter très cher ce que tu viens de
faire, Potter ! » persifla le mage noir.
James se retourna
aussitôt vers le sorcier, s’interposant ainsi entre son ennemi et sa femme et
son fils.
«- Très chouette la
peinture… ! se moqua-t-il, en esquissant un bref sourire. Quoique le vert
à rayures roses ne soit pas vraiment à la mode ces…
- Je vais te passer l’envie de faire le malin, Potter… Avada
Kedavra ! » lâcha le mage noir montrant ainsi sa volonté d’en finir
au plus vite.
Une effroyable lueur verte
éclaira la pièce, l’espace d’une
seconde. Sous le regard effaré de
l’adolescent, James repoussa brutalement sa femme vers la chambre de son fils,
avant d’être touché de plein fouet par le sort.
« JAMES !
NON ! » hurla la jeune femme, désespérée, en le voyant tomber au
sol…mort, sous le rire glacial de Voldemort.
Incapable de bouger,
la vue
obscurcie par des larmes qu’elle n’arrivait
pas à contenir, elle revint à la réalité et détacha son regard du corps inanimé
de son mari en prenant conscience des pleurs horrifiés de son fils. Elle devait
rester forte…, pour son fils…,
par amour pour James… Serrant un peu plus l’enfant
contre elle, elle leva les yeux vers Voldemort qui affichait un sourire
satisfait.
« Vous n’êtes qu’un
monstre ! » lâcha-t-elle, froidement.
Le mage noir se tourna vers elle, une
lueur mauvaise animant ses yeux écarlates.
« Vraiment ? »
ironisa-t-il, pas plus affecté que ça, en s’avançant dans sa direction, sous le
regard choqué de l’adolescent.
La jeune femme fit alors la première
chose qui lui venait à l’esprit, claquant la porte de la chambre de son fils
derrière elle, la verrouillant d’un sort. Voldemort esquissa un sourire
sarcastique qui fit frémir l’adolescent qui, toujours dans le couloir, fixait
avec effarement le mage noir.
« Pathétique. » siffla le
mage noir, avant de pointer sa baguette vers la porte qui s’ouvrit à la volée
lorsqu’il eut murmurer, négligemment, un sort.
Voldemort pénétra dans la chambre,
suivit de l’adolescent anxieux mais déterminé à en savoir le plus possible. Il
voulait savoir…
Lily
était au beau milieu de la chambre, serrant son fils contre elle. La sombre
silhouette se dressait, à présent, devant elle, la baguette destructrice à la
main. Il venait de lui enlever son mari et maintenant, il allait lui arracher
son fils. Mais ça, elle ne le laisserait jamais faire.
«- Donne-moi
l’enfant… ! intima-t-il, froidement.
- Jamais ! » riposta-t-elle, en
déposant son fils par terre
Le mage noir eut un
sourire mauvais, alors qu’elle s’interposait entre le petit garçon et le
Seigneur des Ténèbres.
«- Je ne suis pas
d’humeur à plaisanter, alors donne-moi l’enfant ! rétorqua-t-il, la
baguette levée. Pousse-toi…
- Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas lui !
répliqua-t-elle, d’une voix implorante.
- Pousse-toi, espèce d’idiote... Allez,
pousse-toi...
- Non, pas Harry, Je vous en supplie,
tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place... »
Voldemort hésita un
instant, visiblement surpris par la détermination farouche dont faisait preuve
la jeune femme pour protéger son fils. Une lueur de mauvaise augure passa,
finalement dans ses yeux écarlates, sa décision prise…, alors que, pendant ce
temps, la jeune femme s’était détournée et s’était accroupie devant son fils.
« Je t’aime Harry, n’oublie
jamais ça, souffla-t-elle en déposant un rapide baiser sur son front et en le
serrant brièvement contre elle. Je t’aime de tout mon cœur et je
t’aimerai toujours. Ton père et moi, nous serons
toujours là pour toi, n’oublie jamais ça… »
Elle reporta son
attention vers le mage noir lorsque celui-ci reprit la parole.
« Tu ne me
laisse pas le choix. Puisque c’est ce que tu veux, je te tuerai d’abord, avant
d’éliminer ton fils… Avada Kedavra ! »
L’intense lueur verte éclaira la
pièce, sous le regard effaré de l’adolescent et toucha de plein
fouet la jeune femme dont le corps heurta le sol dans un bruit sourd, sous le
regard innocent du nourrisson.
Le garçonnet se
retrouva alors face à face avec celui qui, en quelques instants, avait tué ses
parents, sans le moindre scrupule, devant ses yeux. L’enfant regarda, sans
comprendre, le visage blafard de celui qui lui faisait face.
« Plus que toi
et plus rien ne pourra m’empêcher de dominer tout le monde ! D’afficher ma
suprématie sur la population sorcière et Moldue ! Je vais enfin exterminer le
dernier héritier de Gryffondor ! triompha le Seigneur des Ténèbres. Avada
Kedavra ! »
L’intense lueur
verte éclaira alors, pour la troisième fois, la pièce. Le fatal sortilège
toucha l’enfant et ricocha, venant heurter de plein fouet son expéditeur.
Tout se troubla soudain... Un bruit terrifiant résonna dans
la pièce, alors que, sous l’effet de la violence du sortilège,
les murs de la maison s’effritaient, se
fissuraient...
L’adolescent ne réfléchit pas
une seconde de plus.
« Finite incantatem.» \\
*
* * * *
Lorsque James ouvrit
à nouveau les yeux, il était revenu dans la “salle des expériences”, ébranlé,
mais en un seul morceau. Il revint à la réalité alors que, au même instant,
Harry sortait, en sursaut de sa léthargie.
Grâce à l’entrain,
un peu forcé visiblement, de Harry, James se sentait un peu mieux. Bien sûr, ce
qu’il avait vu dans ce souvenir était encore on ne peut plus présent dans son
esprit mais le fait que Harry soit là pour noter l’humour de la situation était
pour beaucoup dans le calme qu’il recommençait à trouver… Néanmoins, il ne
pouvait s’empêcher d’être troublé…, la vision de lui, adulte, touché de plein
fouet par l’Avada Kedavra et s’effondrer, mort, au sol, était plus
qu’angoissante… mais, au moins, il avait la preuve que, malgré tout, il
tiendrait tête à Voldemort jusqu’au bout…, comme un digne héritier de
Gryffondor…
Chapitre
précédent Chapitre suivant
Aller au Chapitre : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,
10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,
20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29