Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu’un simple mythe

 

Chapitre 31 : Souvenir.

 

         Le week-end avait été pénible pour tout le monde, mais surtout pour les élèves dont des membres de la famille avaient été tués lors de l’attaque. Parmi les septième année de Gryffondor, l’ambiance était plus sombre que jamais. Si Sirius avait passé une bonne partie du week-end enfermé dans son dortoir, et James n’était réapparu, avec Lily, qu’en fin de matinée du dimanche, Peter, lui, semblait être le moins affecté des trois… et, en fait, Harry ne tarda pas à en comprendre la raison : Peter n’avait jamais aimé le fait qu’il soit obligé de vivre avec son père… Mais Andrews Pettigrow étant diplomate et ayant donc une situation stable, les juges en avaient décidés ainsi lorsque ses parents s’étaient séparés. Mais, maintenant que son père était mort, il pouvait à présent retourner vivre avec sa mère, lorsqu’il ne serait plus à Poudlard…

 

         Les élèves concernés devaient, ainsi, quitter Poudlard pour assister aux funérailles et James devait donc partir avec les Black. Mais les Maraudeurs ne tardèrent pas à réaliser un détail qui n’était pas pour arranger la situation. En effet, James, Sirius et Peter devaient s’absenter quatre jours…, en partant le lundi matin pour revenir le jeudi soir suivant. Or, la pleine lune avait lieu le mercredi soir, de sorte que, malgré la situation, James et Sirius avaient quelques scrupules à s’absenter et laisser seul leur ami… 

 

         Mais Harry assura qu’il pourrait se débrouiller seul pour tenir compagnie à Remus ce soir-là. D’une certaine manière, il se sentait coupable du malheur qui touchait James et Sirius, même s’il n’était pas responsable de l’attaque… Il s’en voulait, sans trop savoir pourquoi mais il se sentait obligé de faire tout son possible pour remonter le moral des deux Maraudeurs, comprenant très bien ce qu’ils pouvaient ressentir. En plus de cela, James se montrait depuis, distant envers Harry, sûrement à cause du cauchemar/attaque… et bien que d’humeur morose, le Maraudeur ne conservait un semblant d’entrain que grâce au soutien permanent de Lily.

 

         Le lundi matin arriva finalement et l’heure du départ arriva pour la quarantaine de jeunes dont un proche avait été tué lors de l’attaque. Les Gryffondor de septième année se tenaient sur le perron du château, Sirius serrant Amy contre lui, et James enlaçant étroitement Lily. Les adieux et les dernières “recommandations” faites (James ayant rappelé à Harry qu’ils feraient mieux de rester dans la forêt interdite, lors de la sortie de pleine lune de mardi, plutôt de se risquer, seuls, dans les alentours de Pré-au-Lard), les élèves se séparèrent.

 

         Par respect pour les victimes, les cours du jour avaient été annulés et une minute de silence avait été instaurée, le lendemain de l’attaque.

 

         «- J’espère que ces cérémonies ne le briseront pas plus qu’il ne l’est déjà, murmura Lily alors qu’ils regagnaient la Tour de Gryffondor.

 

          - Ne t’en fais pas, Lily, James est un battant, il s’en sortira. Et Sirius aussi, assura Remus.

 

          - Je l’espère, soupira la Préfète-en-Chef. Seulement, je regrette de ne pas avoir été autorisée à l’accompagner…

 

          - Dumbledore ne veut pas laisser sortir plus d’élèves que nécessaire, par mesure de sécurité, c’est tout ! intervint, sombrement, Amy.

 

          - Je le sais bien mais…, si j’avais pû l’accompagner, je l’aurai fait ! insista Lily, soucieuse.

 

          - Allez, Lily, ne te tracasse pas pour ça ! reprit Remus, conciliant. La mort d’un proche est une dure épreuve…, et tu en sais quelque chose. Mais on ne peut en ressortir que plus fort, même si on n’oublie jamais ces êtres qui ne sont plus et qui nous étaient chers ! »

 

         Les quatre autres acquiescèrent silencieusement.

 

* * * * *

 

         Le silence du dortoir n’était troublé que par les miaulements plaintifs des chatons qui n’avaient visiblement pas appréciés que leur mère parte en vadrouille. Lily, assise par terre, un livre sur les genoux, surveillaient les trois chatons lorsqu’on frappa à la porte.

 

         « Entrez ! » lança-t-elle, distraitement.

 

         La porte s’ouvrit aussitôt.

 

         «- Je ne te dérange pas, j’espère ? questionna le nouveau venu.

 

          - Bien sûr que non, Harry. » assura la jeune fille en souriant à l’adolescent.

 

         Elle avait encore du mal à se faire à l’idée que ce garçon était en fait le fils qu’elle aurait, d’ici quelques années, avec James… Bien que l’idée ne lui déplaisait guère, ça lui faisait bizarre de penser ça… Mais, d’un commun accord, tous trois avaient décidés de ne pas aborder le sujet et de faire comme si de rien n’était…

 

         Harry sourit et vint s’asseoir en face d’elle avant de se plonger dans une observation, silencieuse, des chatons.

 

         «- J’espère que les garçons vont bien, soupira Lily au bout d’un moment.

 

          - Ca fait deux jours que tu te tracasse pour ça, Lily ! observa Harry, en levant brièvement les yeux vers elle. Tu le retrouveras, ton petit-ami. » ajouta-t-il, amusé.

 

         Lily acquiesça d’un bref signe de tête, perdue dans ses réflexions.

 

         « Ca n’a pas l’air de te toucher, commenta-t-elle semblant soudain penser à quelque chose. Je veux dire…, c’était quand même ta grand-mère. »

 

         Harry paru soudain songeur, visiblement surpris qu’elle aborde le sujet, et haussa finalement les épaules.

 

         « Tu sais, je n’ai pas connu beaucoup de membres de ma famille ! admit-il. Je savais que mes grands-parents étaient morts…mais j’en ignorais les circonstances. »

 

         La jeune fille leva les yeux vers lui, étonnée.

 

         « Vraiment ? »

 

         Harry acquiesça d’un signe de tête.

 

         «- En fait, ça me fait toujours de la peine que quelqu’un meurt…, et même si la mère de James était vraiment admirable et que je l’appréciais beaucoup…, je pense que le fait que, chez moi,…

 

          - Ce n’est qu’un nom parmi tant d’autre…, un nom auquel tu ne pouvais pas attribuer un souvenir précis, du fait que tu ne l’avais pas connu, c’est ça ? »

 

         Harry haussa les épaules, pensif.

 

         « Peut-être…, concéda-t-il. Mais, je dois te paraître bien insensible. »

 

         Lily garda le silence. Harry surpris, l’observa. La jeune fille avait les yeux dans le vague, l’air préoccupée.

 

         « Euh, Lily…ça va ? » s’inquiéta-t-il.

 

         Elle tressaillit, semblant revenir à la réalité.

 

         « Quoi ? Tu me disais quelque chose ? »

 

         Harry continuait à la fixer, haussant un sourcil. Visiblement, quelque chose la tracassait…

 

         « Qu’est-ce qui te tracasse ? » insista-t-il finalement.

 

         Lily rencontra son regard, le vert émeraude rencontrant le marron profond. Harry resta impassible et esquissa un petit sourire. Finalement, Lily se détourna et secoua distraitement la tête.

 

         « A ton avis ? » demanda-t-elle finalement, les yeux baissés.

 

         Harry fronça les sourcils. La jeune fille semblait véritablement tracassée… Et Lily était, sûrement, la plus à même de comprendre l’attitude de James, en cet instant.

 

         « Qu’est-ce qui s’est passé, avec James ? » demanda-t-il finalement.

 

         Lily leva à nouveau les yeux, croisa, brièvement, son regard et baissa à nouveau la tête, visiblement mal à l’aise.

 

         « Il n’est plus vraiment lui-même, commenta-t-elle. Et ça m’inquiètes. »

 

         Harry ne répondit pas.

 

         « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

 

         Lily leva, une fois de plus, la tête vers lui, avant de reporter aussitôt son attention sur son livre. Finalement, elle soupira, referma le grimoire et le posa sur le sol, à côté d’elle.

 

         « Je ne l’ai jamais vu dans cet état…et ça me fait peur. » murmura-t-elle.

 

         Elle leva à nouveau les yeux vers lui.

 

         « Pourquoi, qu’est-ce qui s’est passé ? » s’enquit Harry.

 

         Lily hésita.

 

         « Tu peux tout me dire, tu sais.» lui rappela l’adolescent, l’inquiétude commençant à le gagner progressivement.

 

         La jeune fille acquiesça d’un signe de tête.

 

         « J’ai parfaitement confiance en toi, Harry, assura-t-elle. Je sais parfaitement que ça restera entre nous deux mais… »

 

         Elle grimaça et se passa la main sur le visage, profondément mal à l’aise. Harry resta silencieux, se contentant d’attendre.

 

         « Il fait preuve d’une agressivité dont je ne l’aurai jamais crû capable. »

 

         Sa voix était à peine plus élevé qu’un murmure, alors qu’elle semblait trouver un intérêt soudain pour la pointe de ses chaussures.

 

         « Il est devenu imprévisible, intraitable et irritable, continua-t-elle sur le même ton. Le jour où… où il a apprit…la nouvelle… j’ai essayée de le réconforter… »

 

         Elle ferma les yeux et inspira profondément. Harry ne prononçait pas un mot. Elle poursuivit ses explications, toujours sans le regarder.

 

         « Au bout d’un moment, sans aucune raison, il m’a brutalement repoussé… et, tout aussi soudainement, il s’est radoucit en me suppliant de le pardonner pour son geste… »

 

         Elle secoua la tête, visiblement décontenancé.

 

         « Je ne savais pas comment interpréter ce soudain rejet…, je ne sais pas ce qui lui ait passé par la tête à cet instant… »

 

         Harry persévéra dans son mutisme, songeur.

 

         « J’ai eu peur de ses réactions…, peur de ses décisions…, peur de ce qu’il pourrait faire…, peur pour lui…, continua-t-elle dans un souffle. Et j’ai bien vu la façon dont il se comporte avec toi, depuis… »

 

         Disant cela, elle leva les yeux vers lui, rencontrant son regard.

 

         « Sa hargne à ton égard m’a surprise… Mais ce n’est qu’une façon de masquer sa peur… Il a peur de toi, Harry ! Il craint ce que tu es, cet avenir que tu représente… Quelque chose l’effraie en toi, mais je suis incapable de dire ce que c’est… »

 

         Harry garda, une fois de plus, le silence, ne sachant pas trop comment réagir.

 

         « Il… il n’a plus de repère…, il est complètement perdu…, reprit-elle. Il s’en raccroche d’autant plus à moi qu’il ne sait plus où il en est… »

 

         Elle soupira et secoua à nouveau la tête.

 

         « Apprendre, du jour au lendemain qu’il est non seulement le dernier…, enfin aux yeux de Voldemort, héritier de Gryffondor, que, du coup, le Seigneur des Ténèbres fera tout pour le faire souffrir, et que, en plus de cela, il est désormais orphelin… Je comprends que ça lui ai fait un sacré choc… »

 

         Harry ne prononça pas un mot. S’il était, effectivement orphelin, il ne comprenait qu’à moitié ce que ceux qui étaient sensés devenir ses parents pouvaient ressentir… Il ne les avait jamais vraiment connu, en fait. Alors que Lily et James…, ils avaient passés plusieurs années avec leurs parents…, ils avaient des souvenirs concrets d’eux, de bons comme de mauvais… alors que lui…

 

         En cet instant, Harry se sentait mal… Autant, il prenait pleinement conscience de ce que Lily voulait dire, mais, en plus de cela, il se rendait compte que, en fait, il n’aurait jamais la chance d’avoir des souvenirs dignes de ce nom de la vie qu’il avait connu durant quinze mois…, avant que ses parents ne se fassent assassinés…

 

         Si se trouver à cette époque, en compagnie des adolescents qu’étaient les Maraudeurs, ça ne lui apportait aucun réconfort en cet instant… Peut-être pour la première fois depuis qu’il était ici, il prenait véritablement conscience de la situation… En cet instant, il aurait tout donné pour que Pettigrow n’ait pas trahis ses parents…, il aurait tout fait pour ça… Il avait les moyens de changer les choses s’il le voulait…

 

         « Harry ? »

 

         Il sursauta, revenant à la réalité du moment, en s’apercevant que Lily le fixait étrangement.

 

         «- Ca ne va pas ? s’étonna-t-elle.

 

          - Si, si ! J’étais juste perdu dans mes réflexions ! » marmonna-t-elle.

 

         La jeune fille continua néanmoins à le regarder, visiblement peu convaincue, au plus grand embarras de Harry qui fut soulagé lorsqu’un miaulement plaintif détourna l’attention de Lily.

 

         « Encore toi ? » commenta-t-elle, en prenant la petite boule de poil orangée qui était à l’origine de cette diversion inespérée.

 

         Harry sourit, alors que le petit chaton ronronnait dans les bras de la jeune fille qui le caressait sous le museau qui s’était comme aplati.

 

         « Tu ne trouves pas qu’il a une démarche bizarre ? » demanda soudain Lily, en déposant le chaton sur le sol.

 

         L’animal esquissa quelques pas maladroits, les pattes bizarrement écartées. C’était Pattenrond, Harry n’en avait plus aucun doute alors qu’il observait le petit félin.

 

         «- Il doit avoir un problème d’équilibre, commenta Lily en observant les mouvements du chaton. Du coup, ses pattes sont bizarres… !

 

          - Et ça ne s’est pas arrangé avec le temps, intervint Harry en observant pensivement l’animal.

 

          - Tu le connais ?

 

          - Oui, confirma l’adolescent. Il devait bien avoir une vingtaine d’année avant que je me retrouve ici.

 

          - Dans le monde magique, les créatures privilégient d’une longévité exceptionnelle. »

 

         Harry approuva d’un signe de tête.

 

         « Dumbledore en est la preuve vivante. » songea-t-il.

 

         Il esquissa un petit sourire à cette pensée et reporta son attention sur le félin.

 

         «- Et, comment il s’appelle ? demanda Lily.

 

          - Pattenrond.

 

          - Pattenrond ? répéta la jeune fille en prenant à nouveau le petit chat et en le soulevant à hauteur de son visage pour l’observer plus en détail. Oui, ça lui va plutôt bien…, en référence à ses pattes un peu arquées. »

 

* * * * *

 

         Harry, réfugié sous sa cape d’invisibilité, assis sur le socle d’une armure du hall, sourit en voyant Madame Pomfresh franchir la porte d’entrée de la pièce. L’infirmière était allée accompagner, comme d’habitude, Remus jusqu’à la Cabane Hurlante et allait, à présent, en informer le directeur. L’adolescent jeta un bref regard à “sa” Carte du Maraudeur, remerciant le ciel que James ait la version actuelle avec lui. Harry soupira en pensant au Maraudeur mais il se reprit aussitôt et se concentra sur le parchemin pour s’assurer que la voie était libre et que Lily, Elsa et Amy étaient bien dans leur dortoir.

 

         Une fois sûr que tout était en ordre, Harry quitta son poste d’observation et quitta le château, s’engageant dans le parc assombrit par l’arrivée de la nuit. La pleine lune n’était pas encore apparue dans le ciel mais ça n’était plus qu’une question de minute à en croire la lueur déclinante qui incendiait encore l’horizon à l’ouest. Il inspira et traversa la vaste étendue d’herbe d’un bon pas, jusqu’au Saule Cogneur. Là, il s’arrêta à bonne distance de l’arbre et regarda à nouveau la Carte avant d’enlever sa cape d’invisibilité qu’il glissa dans sa poche après l’avoir soigneusement pliée.

 

         « Méfait accomplit ! » souffla-t-il, tout en commençant à rouler le vieux parchemin qui redevint aussitôt vierge, avant de le glisser, à son tour, dans sa poche.

 

         Cela fait, il prit sa forme d’Animagus et, grâce à l’agilité de la panthère qu’il était devenu, se faufila tant bien que mal jusqu’au passage obscur dont l’arbre gardait l’accès. Dans la matinée, il s’était mis d’accord avec Remus pour rester dans les parages, comme James le lui avait conseillé. Une fois dans l’ombre du tunnel, Harry s’arrêta, les sens aux aguets mais ne perçu qu’une odeur humaine.

 

         <<Tu es encore dans les temps !>>

 

         La panthère sursauta et la Voix éclata de rire.

 

         <<Calme-toi, ce n’est que moi.>>

 

         <Et je crois que c’est une raison suffisante pour rester sur la défensive !> grogna Harry. <Tu pourrais prévenir, quand même ?>

 

         <<Désolé, mais je ne peux entrer en contact avec toi que dans certaines conditions.>> protesta la Voix.

 

         <Qu’est-ce que tu veux ?> demanda, un peu trop sèchement, Harry tout en cheminant dans le tunnel au sol inégal.

 

         <<Oh, c’était juste pour te rassurer sur le fait que tu étais largement dans les temps et pour te suggérer, quoi que tu en dise, de cesser de te tracasser avec toutes ces questions que tu te poses.>>

 

         Harry se figea.

 

         <Qui es-tu pour être si sûr de ce que tu avances ?>

 

         <<Tu le sauras en temps voulu, Harry.>>

 

         <Je ne vois pas pourquoi je devrais croire quelqu’un que je ne connais pas et qui ne se manifeste quand bon lui chante.> marmonna Harry.

 

         <<Lors de l’assimilation, Phantôme lui-même t’a répondu que tu me connaissais…>> répliqua, calmement, la Voix.

 

         <Mais ça ne m’avance pas pour autant sur ton identité.> riposta Harry qui commençait à être quelque peu agacé par le petit manège de cet intrus. <Et puis, si tu es aussi omniscient que ce que tu prétends…, pourquoi n’es-tu pas intervenu lorsqu’on était dans le repaire de Voldemort… ? Si tu était aussi sûr de tout, tu aurais pû nous aider à sortir de ce guêpier !>

 

         <<Je vais commencer à croire que j’aurai mieux fait de convaincre une mule d’être ta forme d’Animagus.>> soupira la Voix. <<Dis donc, ça t’arrive d’écouter ce que je dis ? Je ne peux intervenir que dans certaines conditions !>>

 

         <Facile à dire…> cingla Harry, plus sceptique que jamais.

 

         Mais il s’interrompit, les sens aux aguets.

 

         <<Ca ne devrait plus tarder.>> commenta la Voix. <<Tu ferai mieux d’y aller.>>

 

         Mais Harry s’était déjà élancé en direction de la Cabane Hurlante.

 

* * * * *

 

         Harry soupira, se frayant un passage entre les arbres, surveillant distraitement le Loup-Garou qui l’accompagnait. Sa panthère aurait, de beaucoup, préféré évoluer dans les arbres plutôt que au sol, mais il se devait de rester à proximité de Lunard et, pour cela, il devait rester sur la terre ferme alors qu’ils s’enfonçaient dans les profondeurs de la Forêt Interdite. Tous deux s’arrêtèrent dans une clairière bordée de hêtre et s’arrêtèrent un moment. Assis dans la végétation dense des lieux, Phantôme observait, sa queue s’agitant par saccade, le canidé qu’il devait surveiller. Lunard s’était, en effet, immobilisé, les sens aux aguets, cherchant visiblement quelque chose.

 

         <Il y a quelque chose qui ne va pas ?> s’étonna-t-il, en s’approchant, avant de se rappeler que Remus n’étant pas un Animagus, ou du moins n’avait pas le contrôle de cette forme animale, n’était pas en mesure de lui répondre.

 

         Le Loup-Garou tressaillit légèrement et tourna brièvement la tête vers lui, avant de reporter son attention vers l’extrémité la plus éloignée de la clairière. Harry, intrigué, reporta son attention sur les environs. Recourant aux sens développés de la panthère, il perçue une grand diversité d’odeurs différentes qu’il ne tarda pas à identifier en se basant sur les connaissances du félin. Visiblement, un troupeau de licornes était venu dans les parages et l’odeur était encore fraîche… La perspective de proies à proximité éveilla l’instinct animal mais Harry se hâta de le réduire au silence. Ce n’était pas le moment de se laisser embarquer par l’esprit de prédateur du félin qu’il était devenu. Lunard, à ses côtés, semblait tout aussi intéressé par ce qu’il percevait… même si Harry ne voyait pas trop ce qui pouvait le captiver à ce point… En dehors d’odeur mêlant celle d’un humain et d’un équidé (très certainement les centaures) et celles d’autres créatures et plantes qui peuplaient la Forêt Interdite, Harry ne voyait rien de bien exceptionnel.., si ce n’est…

 

         <Qu’est-ce que… ?>

 

         Une effluve qu’il ne parvenait pas à identifier…, la même que celle qu’ils avaient perçus lors de sa première escapade de pleine lune en compagnie des Maraudeurs. Visiblement, Remus l’avait lui aussi perçu car il s’était redressé et, grognait sourdement. Quel que soit cette chose à laquelle appartenait cette odeur, elle n’inspirait que la méfiance de leur forme animale… Mais, tout aussi brutalement qu’elle était apparue, cette fameuse odeur disparue.

 

         <Je ne sais pas ce que c’était mais ça ne me plaît pas.> soupira Harry.

 

         Il s’interrompit en sentant une autre odeur qu’il identifia rapidement car ne la connaissant que trop bien… une odeur humaine… une odeur qui…

 

         Lunard laissa échapper un glapissement triomphant, sanguinaire qui fit frémir Harry.

 

         <Remus, NON !>

 

         Le Loup-Garou s’était déjà élancé. Sans hésiter, Harry se rua à sa poursuite.

 

         <Plus prudent, plus prudent, tu parles !> grommela-t-il, en courrant aussi vite qu’il le pouvait, se glissant à nouveau entre les arbres de la forêt, ne quittant pas des yeux le lycanthrope.

 

         Un humain se baladait au beau milieu de la forêt… et le Loup-Garou en était on ne peut plus ravi. L’odeur se fit plus forte, plus insistante.

 

         <ARRETES ! NE FAIS PAS CA, REMUS !> hurla-t-il, en tentant de rejoindre le canidé.

 

         Sollicitant les capacités maximales de la panthère, Harry slalomait à une vitesse folle entre les tronc massifs et noueux, rattrapant, petit à petit, le Loup-Garou… Cinq mètres… Quatre mètres… Trois mètres… Deux mètres… L’odeur humaine plus proche que jamais… le hurlement satisfait du Loup-Garou… Des éclats de voix… Un bruissement soudain , frénétiques… Des cliquetis sinistres et furieux… L’odeur humaine qui disparaît brutalement… Des formes sombres et gigantesques qui émergent de nulle part… Le glapissent décontenancé de Lunard…

 

         Harry ne réalisa que trop tard, pillant brutalement, ce qui se passait. Cette course-poursuite les avaient menés droits vers la fosse aux Acromantulas…, droit vers le repaire d’Aragog et toute sa “petite” famille.

 

         <Remus ! RESTES PAS LA !>

 

         Mais le Loup-Garou semblait s’être rendu compte, par lui-même du danger représenté par ces immenses créatures et, étant parvenu à se glisser entre les pattes de l’une d’elle, revenait précipitamment vers Harry qui, suivant son exemple, fit demi-tour, rapidement talonné par un groupe d’araignées de Bornéo contrariées qui se désintéressèrent tout aussi brutalement qu’elles étaient apparues des deux animaux et se volatilisèrent dans les ténèbres de la forêt.

 

         Harry et Remus, quand à eux, n’interrompirent leur course que longtemps après, lorsqu’ils eurent rejoint la clairière où ils s’étaient arrêtés quelques minutes plus tôt. Hors d’haleine, le canidé et le félin se laissèrent choir dans l’herbe.

 

         <Je…je crois qu’on ferai mieux d’en rester là pour ce soir.> suggéra, au bout d’un moment, Harry. <On…devrait envisager de regagner la Cabane Hurlante pour le reste de la soirée… !>

 

* * * * *

 

         Le jeudi soir était rapidement arrivé. Ayant apporté les cours de la journée à Remus qui était cantonné à l’infirmerie (par l’intermédiaire de Madame Pomfresh qui avait refusée tout net de le laisser entrer) et ayant bâclé une partie de ses devoirs pour le lendemain, Harry profitait de son temps libre pour se changer les idées… autrement dit en volant un peu dans le parc, juché sur le fameux Nimbus 1700 qu’il utilisait ici. Au grès de ses évolutions aériennes dans l’air frais du crépuscule printanier, il aperçu deux silhouettes familières qui pénétraient dans la serre numéro cinq.

 

         En effet, depuis déjà un mois, le professeur Chourave avait chargé les élèves de s’occuper de plants de Digitalis Furiosas, des plantes carnivores hérissées d’épines aux fleurs rouges sang, qui essayait de leurs mordre les doigts et possédaient un appétit féroce. Mais, pour cela, il fallait les nourrir régulièrement. Les binômes ayant été établis au bon vouloir des élèves, Lily et Amy étaient donc allées nourrir les plantes qui leur avaient été désignées un mois plus tôt, en l’absence de leur partenaire, et petit-ami, respectif. Elsa, quand à elle, s’était retrouvé avec Remus, mais devait probablement surveillé les chatons, et Harry, lui, s’était, bien évidemment, retrouvé avec Peter qui, en petit génie de Botanique avait trouvé un moyen de permettre à leur plante de subvenir à ses besoins sans intervention quelconque de leur part. Donc, Harry était on ne peu plus tranquille sur ce point (pour une fois qu’il trouvait une quelconque utilité à Pettigrow). Et puis, les deux jeunes filles avaient proposées de jeter un œil à leur plant, tout de même, et s’occuper de celle d’Elsa et Remus par la même occasion.

 

         Les deux filles discutant avec animation, l’adolescent décida de ne pas les interrompre et continua sa petite vadrouille nocturne, exécutant quelques figures ici et là.

 

         « EH ! HARRY ! »

 

         L’intéressé, intrigué, ne tarda pas à trouver l’origine de cette soudaine interpellation. Baissant les yeux, il réalisa que ses évolutions aériennes l’avaient mené près du mur d’enceinte du château… et, surtout que trois des Maraudeurs, l’observaient, le nez en l’air, (l’un d’eux (qui n’était autre que Sirius) lui faisant de grands signes de la main), en retrait des autres élèves qui, tout comme eux, revenaient des funérailles de leurs proches.

 

         Harry sourit et piqua dans leur direction. Visiblement, les trois garçons semblaient avoir retrouvés une partie de leur entrain. Il se réceptionna lestement sur la terre ferme et fut rapidement rejoint par les trois Gryffondor.

 

         D’après ce que Harry en avait comprit, dans le monde magique, les funérailles, en plus de l’aspect “traditionnel moldus” avait aussi pour but, grâce à diverses cérémonies réparties sur plusieurs jours, d’apaiser les esprits des personnes qui y assistaient afin de permettre une meilleure, et surtout plus rapide, réalisation du deuil. De sorte que, James et Sirius semblaient nettement plus sereins qu’à leur départ, même s’ils restaient un peu plus sombres que de coutume.

 

         «- Enfin de retour à Poudlard ! s’enthousiasma Sirius sur un ton qui sonnait, cependant, un peu faux. Content de te revoir, Harry ! Ca s’est bien passé avec Lunard ?

 

          - Ca a été assez mouvementé mais, dans l’ensemble, ça allait…, et pour vous, ça s’est bien passé… ? »

 

         Tous trois haussèrent les épaules et Harry constata rapidement que James, silencieux, évitait soigneusement son regard. Harry décida donc de ne pas s’attarder sur le sujet et aborda autre chose.

 

         « Si vous vous dépêchez, vous pourrez encore rattraper Lily et Amy… ! commenta-t-il, évasivement Harry. La dernière fois que je les ai vu, elles allaient s’occuper des Digitalis Furiosas… ! »

 

         Les Maraudeurs échangèrent un bref regard.

 

         «- JAMES ! SIRIUS !

 

          - Ah bah, je crois que c’est elles qui nous ont retrouvés ! » commenta Sirius en esquissant un sourire désabusé.

 

         Mais James était déjà partit à la rencontre de sa petite-amie, rapidement imité par son meilleur ami. Harry, près de Peter, sourit alors que Lily sautait au cou de James qui la souleva légèrement et la fit tournoyer autour de lui avant de la serrer contre lui, alors que, étonnement, Sirius et Amy se montraient beaucoup moins “exubérants” dans leurs retrouvailles.

 

         «- Tu peux pas savoir comment tu m’a manquée, pendant quatre jours, James ! lança Lily, blottie contre son petit-ami.

 

          - Toi aussi, tu m’as sérieusement manqué, répliqua-t-il aussitôt.

 

          - Alors, comment tu vas ? Ca n’a pas été trop dur ? s’enquit-elle, en s’écartant doucement, pour rencontrer ses yeux un peu plus rougis que de coutume.

 

          - Ca va mieux, maintenant que tu es là.» avoua-t-il, avant de l’embrasser, l’enlaçant étroitement.

 

         Elle y répondit aussitôt, passant les bras autour de son cou. Une toux discrète les interrompit.

 

         «Euh…, désolé d’interrompre les…retrouvailles, mais il faudrait voir à ne pas oublier que vous n’êtes pas tout seuls, là ! » commenta Sirius, amusé, un bras passé autour de la taille d’Amy.

 

         Lily esquissa un léger sourire à son petit-ami qui adressa un regard lourd en sous-entendu à Sirius, tout en passant un bras autour des épaules de la jeune fille.

 

         « On ferait mieux de rentrer, non ? suggéra Sirius. Histoire que Harry nous raconte ce qu’on a manqué. » ajouta-t-il sur un ton assez significatif.

 

* * * * *

 

         Un peu plus d’une semaine s’était écoulée depuis le retour des trois Maraudeurs. James continuait toujours à éviter de rencontrer le regard de Harry. Celui-ci ne pouvait s’empêcher de songer que, au moins, il y a avait un progrès par rapport à la période qui avait suivit l’annonce de l’attaque de l’annexe du Ministère… En effet, à présent, James concédait à lui adresser à nouveau la parole et avait reprit son calme habituel.

 

         Ce vendredi soir là, après un après-midi consacré au Quidditch (James, pour compenser la “semaine sabbatique” qu’avait entraîné leur absence, à Sirius et lui, avait réussit à réserver le stade pour l’occasion), Harry était seul dans son dortoir (les autres étant restés dans la Salle Commune), plongé dans la lecture d’un livre sur le Quidditch qu’il avait emprunté à la Bibliothèque et ne releva pas même la tête lorsque la porte s’ouvrit. Néanmoins, au bout d’un moment, surpris par le silence de l’arrivant, l’adolescent cessa sa lecture et eut la surprise de découvrir un James plutôt gêné à quelques pas de lui.

 

         « Euh, Harry, je peux te parler un instant ? »

 

         L’intéressé, plus surpris que jamais, acquiesça cependant et s’assit sur le bord de son lit après avoir posé le livre sur sa table de chevet.

 

         « Qu’est-ce qu’il y a ? »

 

         James s’agita nerveusement, visiblement embarrassé.

 

         «- Euh, je voulais m’excuser pour l’attitude que j’ai eu envers toi ces derniers jours, commença le Maraudeur en se passant machinalement la main sur la nuque. Je… je crois que j’avais peur de ce futur d’où tu viens et… enfin, je suis désolé d’avoir été aussi hargneux avec toi…

 

          - C’est rien, assura Harry en souriant légèrement. C’est compréhensif.

 

          - Enfin, tu sais, j’aimais beaucoup ma mère… et…, euh… je ne sais pas…, ça m’a sûrement déstabilisé plus que je ne l’aurai imaginé et… »

 

         Il eut un petit rire nerveux et se repassa, une fois, de plus la main sur la nuque.

 

         « Mais, je crois que… Enfin, je veux dire…, j’ai beaucoup réfléchit à tout ça et… enfin, je suppose que, en tant qu’héritier de Gryffondor, tu dois savoir ce que c’est que la menace de Voldemort, les persécutions qui en découlent, et tout ça… »

 

         Harry acquiesça d’un signe de tête.

 

         « Et, donc, j’ai beaucoup réfléchis à ça, au fait que mon père était une des cibles principales de Voldemort notamment parce qu’il était un héritier de Gryffondor…, mais que, d’après ce que j’en sais, il a été tué avec honneur et… Et que ma mère… »

 

         Il s’interrompit, incapable d’en dire plus. Harry resta silencieux, l’observant dans l’attente qu’il continue, ne voyant pas trop où le Maraudeur voulait en venir. Celui-ci s’éclaircit la gorge et reprit.

 

         « Enfin, je pensais… tu vois, tu m’as dis que… tu étais orphelin et… du coup, je me demandai si… »

 

         James s’interrompit à nouveau et grimaça, avant de lever les yeux pour rencontrer et soutenir le regard de Harry.

 

         « Tu vois, j’aimerai bien savoir comment ça c’est passé le jour où… Voldemort a…enfin, tu sais, tué tes parents… ! »

 

         Harry haussa les sourcils, surpris par cette requête, alors que James détournait à nouveau le regard.

 

         «- Enfin, si tu ne veux pas, je comprendrais très bien. C’est juste que…

 

          - Mais, je ne m’en souviens même pas de ce qui s’est passé ce soir-là, objecta Harry. Du moins, pas dans sa globalité… En dehors de bribes ici et là, ça s’arrête là… Alors, me demander de te raconter ça… ?

 

          - Oh, tu n’aurais pas besoin de me raconter quoi que ce soit ! certifia James en relevant à nouveau les yeux vers lui. Comme je te les dis, j’ai beaucoup réfléchi à tout ça et…je pense qu’il y aurai un moyen de savoir ce qui s’est vraiment passé ce soir là, sans que tu aie besoin de dire quoi que ce soit… »

 

         Harry fronça les sourcils, sceptique. La perspective que quelqu’un, même James, ait accès à un souvenir, qui plus est celui du soir de l’assassinat de ses parents, ne l’enchantait guère. En fait, il n’aimait pas non plus aborder ce sujet ou même en parler avec qui que ce soit, malgré le fait que ses “cauchemars d’Halloween” lui avaient permis de “reconstituer” ce qui s’était passé, du moins en partit. Mais, d’un autre côté… Il leva les yeux vers James qui le fixait avec intensité, attendant sa réponse. James avait le droit de savoir, s’il y tenait tant…, après tout, ça le concernait…

 

         « De toute façon, Dumbledore t’a bien dit qu’il prévoyait de les soumettre à un sort d’amnésie lorsque tu regagneras ton époque, lui souffla une petite voix. Tu ne risque donc pas d’influencer le cours du temps si tu le laisse faire…, vu qu’il ne se rappellera, au final, pas de ça. »

 

         Harry voulu dire quelque chose, mais se ravisa, soupira, et se décida devant le regard que James continuait à lui adresser.

 

         «- D’accord ! accepta-t-il.

 

          - C’est vrai ? s’exclama James, surpris par sa réponse.

 

          - Oui…, mais…, comment compte-tu faire ça ? s’enquit Harry..

 

          - Avec une potion ! résuma James en se dirigeant vers son lit. Une potion de Lire-Mémoire… Comme son nom l’indique, ce produit permet de faire ressurgir un souvenir passé ou oublié… ! précisa-t-il en prenant un de ses livres et en le feuilletant distraitement. Ah, voilà. » conclut-il en s’arrêtant brutalement à une page.

 

         Harry, fronçant les sourcils, s’avança vers le Maraudeur qui, assis sur son lit, parcourait déjà la liste des ingrédients nécessaires à la réalisation de la potion. Visiblement, il prenait cette décision très à cœur.

 

         «- On est sensé l’étudier d’ici la fin de l’année…, mais je ne devrais pas avoir de problème pour rassembler le matériel nécessaire…, en dehors d’un ou deux trucs qu’il faudra aller chercher dans l’armoire personnelle de Krayak !

 

          - Est-ce que tu compte vraiment la préparer toi-même ?

 

          - Bien sûr. Je veux vraiment savoir ce qui va se passer. Et je suis plus doué en Potions que Krayak ne l’admettra jamais… Mais, si tu change d’avis, je comprendrai, évidemment…

 

          - Non. Je veux dire…, c’est ton droit, si tu veux vraiment le savoir. Seulement…

 

          - Bon, dans ce cas…, on a quasiment tout ce qu’il faut parmi nos ingrédients ! commenta James en refermant son livre d’un claquement sec. Tu viens ?

 

          - Tu vas vraiment la faire…tout de suite ?

 

          - Ouais. » confirma James avant de quitter le dortoir, suivit de Harry.

 

* * * * *

 

         Harry pénétra dans la pièce que lui avait montré, quelques heures auparavant, James. Celui-ci, releva brièvement la tête du livre qu’il parcourrait avec attention, à son arrivée et esquissa un petit sourire lorsque l’adolescent sortit du couvert de la cape d’invisibilité.

 

         «- Je les ai ! déclara Harry, en sortant des fleurs de lotus, une fiole de liqueur de caféier et un flacon d’essence de Calathéa, ingrédients qu’il avait dû chercher dans la réserve personnelle de Krayak.

 

          - Super ! répliqua James, satisfait. Tu n’as pas eu trop de problèmes ?

 

          - Aucun ! assura Harry en déposant les produits sur la table à laquelle le Maraudeurs travaillait. Krayak était dans le couloir, devant la porte, grande ouverte, de son bureau, et se plaignait de Peeves à Rusard. Ca n’a, donc, été qu’une simple formalité de me glisser dans son bureau, trouver ce dont j’avais besoin et repartir comme j’étais venu ! »

 

         James sourit à cette remarque.

 

         «- Alors, tu as encore besoin de mon aide ? s’enquit Harry.

 

          - Non merci…, tu en as déjà assez fait comme ça pour aujourd’hui… ! rétorqua James, en versant quelques gouttes d’essence de Calathéa dans le chaudron installé dans la pièce. Il ne me reste plus qu’à mettre les feuilles de lotus et ça sera prêt…, dans une dizaine de minute. Tu ferais mieux de t’asseoir en attendant, au lieu de rester debout. »

 

         Harry se laissa choir sur une chaise qui traînait à proximité et observa James qui, absorbé par la préparation de sa potion, avait commencé à couper les fleurs de lotus.

 

         « Au fait, en revenant, j’ai croisé Lily dans le couloir de la Bibliothèque. Je crois qu’elle te cherchait. »

 

         James leva à nouveau les yeux vers lui.

 

         « J’irai la trouver quand on en aura finit avec ça. On ne peut pas se permettre de laisser reposer cette potion, au risque qu’elle perde en efficacité. »

 

* * * * *

 

         Quelques minutes plus tard, James tendit un gobelet contenant une potion violette à Harry.

 

         « Ca risque de te faire somnoler. » prévient le Maraudeur.

 

         Harry acquiesça d’un signe de tête.

 

         «- Ne vaudrait-il mieux pas que je reprenne ma véritable apparence ?

 

          - Non, je ne crois pas que ce soit nécessaire… ! Tes souvenirs sont les mêmes, que tu sois en Calaway ou en Potter ! répliqua James en souriant. Et puis, je ne sais pas quel effet pourrait avoir le mélange de la potion d’Aparencia à celle de Lire-mémoire. Il vaut donc mieux ne pas prendre de risques inutiles. »

 

         Harry approuva à nouveau, avant de boire le contenu du gobelet d’un trait, esquissant une légère grimace, sous le regard attentif de James. Celui-ci esquissa un léger sourire, un autre verre à la main, la fiole de liqueur de caféier dans l’autre.

 

         «- Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna Harry.

 

          - Oh rien ! Seulement j’ai encore du mal à me dire que j’ai le même âge que mon fils…, ou plutôt de mon futur fils, et que je vais aller me balader dans un de ses souvenirs.

 

          - Et tu crois que ça ne m’a pas paru étrange de côtoyer durant près d’un an mes futurs parents qui ont le même âge que moi ? » rétorqua Harry, en riant légèrement.

 

         Un long moment s’écoula, tous deux trompant leur nervosité en discutant de tout et de rien…, jusqu’à ce que Harry ressente les premiers effets de la potion.

 

         « Bon…, alors, c’est partit ! soupira James, s’en rendant compte, avant d’ajouter deux gouttes du contenu de la fiole dans son verre qu’il vida d’un coup. Mouais, c’est vrai que le goût de cette potion est loin d’être fameux ! marmonna-t-il. Tu es toujours prêt à le faire ? »

 

         Harry acquiesça légèrement, tout en luttant contre la somnolence qui le gagnait. James eut un petit sourire, inspira profondément et s’approcha de l’adolescent.

 

         « On ne peut plus reculer, de toute façon ! murmura-t-il. Ne t’inquiètes pas, Harry, ça n’altèrera pas tes souvenirs ! assura-t-il avant de poser sa main sur le front de ce dernier tout en fermant les yeux, se concentrant intensément sur la data que lui avait donné Harry. Le 31 octobre 1981. »

 

* * * * *

 

(Nda : A partir de là et pour toute la durée du souvenir, et pour faciliter les choses, le James étudiant sera qualifié par “l’adolescent”, sinon, il s’agira du James adulte)

 

//      Lorsque l’adolescent rouvrit les yeux, il se trouvait au beau milieu d’un chemin, heureusement désert, soigneusement entretenu qui serpentait entre des rangées darbres. D’après ce qu’il avait lu sur la potion de Lire-mémoire, il pouvait tout voir sans être vu mais il ne pouvait, en aucun cas, interférer dans ce qu’il verrait. Ses actions restaient indépendantes de ce qui se passerait dans ce souvenir. Il était parfaitement conscient que ce ne serait pas évident d’assister à la mort de sa version adulte mais… il devait absolument savoir ce qui se passerait ce soir-là, et se faire une idée de la vie que serait la sienne, après Poudlard…

 

         Il se tenait devant un vaste Manoir qu’il n’eut aucun mal à reconnaître…

 

         « Godric’s Hollow… ! »

 

         Bien sûr, c’était logique : ses parents ayant été tués par Voldemort, tout lui revenait…, y comprit la demeure familiale.

 

         Hésitant sur la marche à suivre, il resta là, à observer l’entrée de la propriété, tout en s’efforçant de se rappeler tout ce qu’il avait pû apprendre sur la potion qu’il avait employé. En fait, maintenant qu’il était dans le souvenir de Harry, il était libre de faire ce qu’il voulait…, ou presque. Il s’avança finalement vers la bâtisse qui se dressait devant lui, mais un aboiement familier le tira de ses réflexions, alors qu’il pénétrait dans le jardin du Manoir Potter.

 

         « Patmol est là. » murmura-t-il en souriant.

 

         Et, effectivement, il ne tarda pas à apercevoir un gros chien noir vautré dans la pelouse près du perron, apparemment seul. L’adolescent haussa un sourcil, jetant un regard autour de lui et ne pût réprimer un sourire en constatant que les alentours n’avaient pas vraiment changés (au point qu’il se demandait même s’il se trouvait réellement dans le futur), en dehors de quelques modifications qui correspondait parfaitement à ce que pourrait donner une intervention de Lily.

 

         Il revint à la réalité alors que le chien laissait échapper une plainte douloureuse, en se levant brutalement, rapidement suivit d’un cri enfantin. L’adolescent se tourna aussitôt dans cette direction où, le départ précipité du “chien” avait provoqué la colère du nourrisson qui, jusqu’à présent, devait se trouver derrière Patmol. Le jeune homme sourit un peu plus largement, en découvrant la version “modèle réduite” de Harry. Mais la protestation du petit garçon n’avait pas passé inaperçu.

 

         « Patmol, qu’est-ce que tu lui as fait, cette fois ? » intervint une voix à la fois grave et amusée.

 

         L’adolescent tressaillit et reporta aussitôt son attention vers la bâtisse, pour découvrir sa version plus âgée qui se tenait sur le perron et s’avançait à présent vers le garçonnet qui babilla gaiement en apercevant son père. Celui-ci sourit, s’arrêta et s’accroupit à quelques pas du bambin.

 

         « Allez, Harry, viens voir papa. » lança-t-il en tendant les bras vers l’enfant.

 

         L’adolescent, qui ne ratait pas une miette du spectacle, observa, amusé, le nourrisson qui, après un moment d’hésitation, se mit lentement debout et s’avança d’un pas hésitant vers son père qui le prit dans ses bras et souleva du sol le petit garçon qui semblait tout fier de son exploit.

 

         « Alors, p’tit champion, qu’est-ce que Patmol t’a fait comme misère cette fois ? » lança l’adulte en souriant à son fils.

 

         Le chien jappa d’indignation, faisant ainsi sourire l’adolescent et rire le James adulte.

 

         «- C’est une impression où tu es plus susceptible que je le pensais, Sirius ? se moqua ce dernier, alors que son ami reprenait sa forme humaine sous le regard intéressé de Harry.

 

          - Non ! riposta l’Animagus. Seulement, j’ai quand même le droit de protester quand ton très cher fils me tire les oreilles, j’espère ?

 

          - Oh, la pauvre petite nature ! ironisa James, son fils, agrippé à la robe de sorcier de son père, dans les bras.

 

          - Et puis, après tout, ce n’est pas comme si c’était la première fois que cela arrivait. » intervint alors une nouvelle voix toute aussi familière à l’adolescent et qui fit sursauter tout le monde.

 

         Harry gazouilla de plus belle , saluant ainsi l’arrivée inopinée de sa mère.

 

         «- Lily ! protesta Sirius, une main sur le cœur. Je vais finir par croire que tu veux me faire mourir de peur ! plaisanta-t-il. On dirait que c’est devenue une manie chez toi de nous faire sursauter.

 

          - Pour une fois que j’ai l’occasion d’être imprévisible ! rétorqua la jeune femme, en souriant, en rejoignant son mari qui passa un bras autour de ses épaules tout en tenant toujours contre lui le garçonnet qui babillait joyeusement. Mais pour en revenir à ce que je disais, ce n’est sûrement pas la première fois…, et chaque fois tu t’en plains mais ça ne t’empêche pas de recommencer à te laisser malmener par ton filleul.

 

          - Ecoute la voix de la raison, Sirius ! lança, moqueur, James. Et tu… Eh là, Harry ! s’exclama-t-il alors que l’enfant tendait brutalement les bras vers les lunettes de son père. Combien de fois devrais-je te dire qu’il ne faut pas toucher aux lunettes de papa ? ajouta-t-il, amusant d’autant plus Lily et Sirius que Harry prit une petite mine boudeuse.

 

          - Allez, viens là, mon poussin, au lieu d’embêter ton père. » intervint Lily en prenant son fils dans ses bras.

 

         Le nourrisson retrouva aussitôt son sourire, visiblement ravi, et vint se blottir avec bonheur dans les bras de sa mère.

 

         «- Oh, James…, mon vieux, tu as de la concurrence… ! plaisanta Sirius.

 

          - Que veux-tu, personne ne résiste aux charmes de Lily. » soupira l’intéressé sur un ton faussement tragique.

 

         La jeune femme se contenta de sourire, avant d’embrasser brièvement son mari.

 

         «- Tu es bien placé pour le savoir ! observa-t-elle.

 

          - Plus que quiconque. » rétorqua-t-il en souriant et en passant les bras autour de la taille de son épouse.

 

         L’adolescent qui assistait à cette scène, invisible aux yeux des trois adultes, esquissa un sourire. Au moins tout cela avait quelque chose de rassurant. Il avait la certitude que, durant les deux dernières années de sa vie, il aurait une vie heureuse, entre la femme de sa vie, son fils et ses amis…, et cela malgré l’imminence de la menace de Voldemort.

 

         «- Alors, Sirius…, tu restes manger avec nous ce midi ? demanda Lily, au bout d’un moment, alors adossée à son mari qui avait passé les bras autour de sa taille, le menton négligemment posé contre les cheveux auburn de son épouse.

 

          - Et bien…

 

          - Allons, Sirius, ne te fais pas prier, je sais que tu en meurs d’envie ! lança, moqueur, James. Et puis, tu sais pertinemment que tu es toujours le bienvenu chez nous.

 

          - Hum…, bon, d’accord, si tu insistes ! ironisa Sirius. Et puis, c’est toujours un plaisir de profiter de la cuisine de ta chère et tendre épouse, James. Parfaite sur tous les points de vue.

 

          - N’en fait pas trop, Sirius ! riposta la jeune femme qui portait toujours Harry dans les bras, celui-ci jouant à présent avec la chaînette dorée qu’elle portait autour du cou. Bon, et si vous continuiez plutôt cette passionnante conversation à l’intérieur, plutôt que de rester dans le jardin ? suggéra-t-elle, en s’écartant de son mari pour jeter un regard aux deux hommes. D’autant plus que j’en connais un qui ne va pas tarder à réclamer son repas ! ajouta-t-elle en sous-entendant son fils.

 

         Celui-ci, se désintéressant du collier de sa mère, leva aussitôt les yeux vers elle.

 

         «- ‘epas ? répéta-t-il, visiblement enchanté.

 

          - Tu as encore dit ce qu’il ne fallait pas, Lily ! se moqua James. Tu n’as, désormais, plus d’autre choix que de lui donner ce qu’il veut.

 

          - Peut-être mais dois-je te rappeler que tu n’es pas le mieux placé pour faire ce genre de commentaires alors qu’il y a des mots que tu répètes un peu trop souvent à mon goût devant lui et que je préfèrerais que tu… ?

 

          - Ah, comme le Quidditch ! plaisanta Sirius, en esquissant un large sourire machiavélique.

 

          - SIRIUS ! s’écria, inutilement, Lily.

 

          - ‘ditch ! gazouilla aussitôt Harry en s’agitant dans les bras de sa mère qui leva les yeux au ciel.

 

          - Non, mon chéri, tu es trop jeune pour ça ! rétorqua-t-elle calmement tout en adressant un regard noir à Sirius.

 

          - Hum, Cornedrue, je crois qu’elle t’en veut encore de l’avoir prit avec toi sur ton balai ! observa, sur le ton de la confidence, le “fautif”, en se penchant vers son ami.

 

          - Je le crois aussi. » soupira l’intéressé.

 

* * * * *

 

         L’après-midi s’était écoulé on ne peut plus tranquillement, voir de façon presque ennuyante alors que les trois adultes, profitant de la sieste du nourrisson, discutaient de “choses sérieuses” qui ne concernaient pas encore l’adolescent qui continuait à observer ce qui se passait. Il en profita cependant pour en apprendre un peu plus sur ce fameux Sortilège de Fidélitas dont lui avait vaguement parlé Harry en 1978…, bien qu’il ignorait toujours l’identité du Gardien du Secret choisi Mais une meilleure ambiance était revenue chez les Potter lorsque le bambin se réveilla un peu avant seize heures. L’adolescent était impressionné par la façon dont la simple présence du petit garçon suffisait à changer, radicalement, l’humeur des trois sorciers présents.

 

         En fait, plusieurs choses avaient surpris le “visiteur clandestin”. La première tenant du fait que, visiblement, l’influence de Lily avait poussée sa version adulte à s’intéresser aux pratiques Moldues (ce qu’il n’aurait jamais crû possible jusque là), à en croire les divers appareils moldus qui meublaient les lieux. L’autre résidait dans le fait que si, visiblement, le Gardien du Secret avait déjà été désigné et soumis au Sortilège de Fidélitas, comment se pouvait-il que Sirius soit là ? Mais l’adolescent avait rapidement obtenue une réponse à cette question… James ayant une confiance aveugle envers Patmol qui avait toujours fait preuve d’une loyauté sans pareille, ce dernier étant, qui plus est, le parrain du garçonnet (qui vadrouillait dans le salon, sous la surveillance de ses parents, à la poursuite d’un chat qui n’était autre que Neige) avait probablement été la seule autre personne à être au courant du lieu où se trouvaient les Potter, probablement à la propre initiative de ceux-ci.

 

         Finalement, vers 20 heures, Sirius partit, rappelant au couple de rester prudent, au cas où, laissant ainsi les Potter entre eux. L’adolescent songea alors que les fameux évènements qui avaient brisés la vie de Harry ne devraient plus tarder. Ce n’était plus qu’une question d’heures, et de patience…, ce qui n’avait jamais été la qualité première de l’adolescent.

 

         Celui-ci, assit dans un coin du salon, sourit en observant la petite scène familiale qui s’offrait à lui : le garçonnet suçait son pouce, installé entre ses deux parents sur le canapé, devant la télévision…

 

         Tout paraissait si calme, tellement tranquille…, et l’adolescent commençait à avoir du mal à imaginer que tout cela allait bientôt se terminer… Et pas de la meilleure façon qui soit.

 

         Au bout d’un moment, le nourrisson bailla et vint se blottir contre sa mère qui sourit tendrement à l’enfant tout en passant la main dans ses cheveux en bataille.

 

         « Fatigué, mon poussin ? » murmura-t-elle.

 

         Le petit garçon babilla indistinctement en se serrant un peu plus contre sa mère.

 

         «- Je crois que tu as ta réponse ! commenta, amusé, son mari, un bras passé autour des épaules de son épouse.

 

          - Oui ! confirma-t-elle en embrassant brièvement son mari avant de se lever, prenant son fils dans les bras. Allez, Harry, il est l’heure de dormir, mon cœur ! annonça-t-elle. Dis bonne nuit à papa, Harry.

 

          - ‘uit papa ! gazouilla aussitôt le bambin, arrachant ainsi un sourire à son père et à l’adolescent qui observait la scène.

 

          - Bonne nuit, mon bonhomme. » répondit son père en l’embrassant sur le front.

 

         Un grand sourire apparut alors sur les lèvres du garçonnet qui tendit brutalement la main.

 

         «- Ah non, Harry ! s’exclama son père, en souriant, et reculant aussitôt. Tu sais très bien que tu ne dois pas toucher aux lunettes de papa.

 

          - ‘ette ! protesta le nourrisson.

 

          - Tu auras peut-être plus de chance la prochaine fois, Harry ! commenta Lily, amusée, avant de se diriger vers la sortie. Allez, mon trésor, je te change et après, au lit avec une petite histoire. » déclara-t-elle en quittant le salon.

 

         L’adolescent hésita sur ce qu’il devait faire puis sourit en observant l’air rêveur qu’affichait sa version adulte qui finit par soupirer, revenant à la réalité du moment, avant de changer de chaîne. L’adolescent sourit à nouveau, ayant encore du mal à croire que lui, un sorcier de pure souche, élevé dans les traditions on ne peut plus sorcières, puisse se retrouver là, à zapper tout naturellement devant une télévision… Très certainement sous l’influence “Evanesque”.

 

         Au bout d’un moment, l’adolescent se risqua à quitter son poste d’observation, lassé par le calme qui régnait dans la maison et décidé à bouger un peu. Il se glissa discrètement à l’étage et ne tarda pas à repérer la chambre du nourrisson. Visiblement, le couple n’avait pas lésiné sur le bien-être de l’enfant, à voir sa chambre… Celui-ci, dans les bras de sa mère, écoutait avec intérêt l’histoire qu’elle lui racontait.

 

         « Mais quoi qu’il arriverai, il savait qu’il ne serait jamais seul, qu’ils seraient toujours là pour lui…, même si la vie n’était pas toujours facile pour lui. »

 

         Le “visiteur clandestin” réalisa alors que ce que la jeune femme disait pouvait s’adapter, parfaitement, au cas de Harry. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence. Ou bien elle savait, de quelque manière que ce soit, ce qui se passerai…

 

         « Je t’aime, mon poussin. Je t’aimerai toujours. » souffla la jeune femme en déposant un baiser sur le front de son fils qui s’était finalement assoupi, avant de le déposer dans son lit et le border minutieusement.

 

         Le bébé geignit dans son sommeil alors qu’elle l’observait avec tendresse.

 

         « Dors, mon cœur, maman est là. » souffla-t-elle aussitôt, en passant une fois de plus la main dans les cheveux de son fils.

 

         Un quart d’heure plus tard, s’étant assurée que le petit garçon s’était enfin endormi, elle se décida à s’écarter du lit de son fils. L’adolescent se hâta de redescendre… pour voir sa version adulte quitter la fenêtre près de laquelle il se trouvait visiblement jusque là. Aucune expression n’apparaissait sur le visage de l’adulte. Bien sûr, il savait ce qui allait se passer…

 

         Ce détail troubla l’adolescent. D’après Harry, Dumbledore devait les soumettre à un sort d’amnésie lorsque Harry repartirait à son époque. Mais si les adultes que Lily et lui deviendraient étaient au courant de ce qui allait se passer…, alors, ils avaient dû trouver un moyen d’échapper au sort de Dumbledore.

 

Il fut, néanmoins, ramené à la réalité lorsque la jeune femme réapparue dans le salon.

 

         « Il dort. » murmura-t-elle, alors que son mari l’entourait de ses bras.

 

         Celui-ci sourit et l’enlaça étroitement.

 

         « Nous serons toujours ensemble, quoiqu’il arrive, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

 

         L’adulte sourit un peu plus sombrement, mais l’embrassa sur le front.

 

         « Nous veillerons toujours sur Harry…, peu importe ce qu’il adviendra de nous. » répondit-il finalement.

 

         La jeune femme acquiesça avec gravité et embrassa son mari.

 

* * * * *

 

         Des pleurs enfantins firent sursauter l’adolescent qui somnolait dans un coin de la pièce. Tout était, décidément, beaucoup trop calme pour lui…

 

         Le couple, jusque là enlacé sur le canapé, discutant de choses et d’autres, se sépara et la jeune femme se hâta à l’étage, suivit par l’adolescent qui était plus qu’enchanté d’avoir enfin une occasion de se dégourdir les jambes et la trouva occuper à calmer le bambin.

 

         « Chut, mon chéri. Chut, mon cœur, c’est fini ! souffla-t-elle. Ce n’était qu’un mauvais rêve, mon poussin. Chut… C’est fini. Tout va bien… Maman est là… Chut. »

 

         Lentement, le nourrisson se détendit dans les bras de sa mère, les yeux fixés sur elle, sensible à ses paroles réconfortantes, à la douceur de sa voix.

 

         Progressivement, ses sanglots s’espacèrent et il finit par cesser totalement de pleurer, encore secoué de hoquets silencieux, tout en restant cramponné à la robe de sa mère.

 

         « Oui, mon poussin… ! C’est fini… ! Tout va bien… ! » répéta-t-elle, en lui souriant avec tendresse, le berçant sans discontinuer.

 

         Au bout d’un moment, elle commença à chantonner, un sourire apparaissant alors sur le visage de son fils, toujours agrippé à elle :

 

         Petit garçon qui fait battre mon cœur…

         Toi qui est né de l’union d’un grand amour…

         Tu symbolises pour moi le bonheur…

         Bonheur que tu m’apportes chaque jour.

         “Rien n’est plus magique que le sourire d’un enfant”.

         Avec toi, aujourd’hui,

         Je découvre dans ses mots d’antan,

         Que l’on ne m’avait pas menti.

         Petit bébé né de deux mondes différents,

         Tu as en toi un grand pouvoir :

         Celui de l’amour de tes parents,

         Qui te protégera éternellement,

         Et, en toi, fera vivre l’espoir.

         Petit sorcier si innocent,

         Gardes en toi cet espoir, quoi qu’il arrive,

         Car même si ton père et moi devions un jour partirent sur l’autre rive,

         Avec toi, nos esprits resteront éternellement.

 

         L’enfant gazouilla dans les bras de sa mère, à présent totalement calmer…, sous le regard de l’adolescent qui observait la scène depuis le couloir. Celui-ci se retourna cependant en entendant un bruit discret derrière lui, pour apercevoir sa version adulte qui resta sur le seuil de la chambre de son fils. La jeune femme, ayant aperçue son mari, s’avança vers lui, le garçonnet blottit contre elle.

 

         C’est alors que tout bascula… Une porte s’ouvrit avec fracas en bas, faisant sursauter les deux adultes, l’adolescent et le nourrisson qui s’agrippa à sa mère. Cette dernière pâlit brutalement.

 

         «- James… ! commença-t-elle, en rencontrant le regard de son mari, une seconde avant que celui-ci ne se tourne vers l’escalier.

 

          - Reste là ! souffla-t-il, en posant la main sur son bras. Ne bouge surtout pas d’ici et…

 

          - Et quoi, James ? répliqua la jeune femme, soucieuse. Qu’est-ce qu’on peut faire si c’est vraiment lui ? Tu ne pourra pas lui tenir tête seul.

 

          - Reste avec Harry. On ne peut rien contre lui, mais on peut au moins le retarder. »

 

         L’adolescent s’était reculé, suivant avec intérêt la discussion entre les deux adultes, partagé entre son envie d’en savoir plus et celle de partir au plus vite de ce souvenir, alors que sa version adulte s’approchait de l’escalier, disparaissant momentanément de sa vue…, avant de revenir en catastrophe.

 

         « Lily ! Prends Harry et va-t’en ! C’est lui ! Va-t’en ! Cours, je vais le retenir… » hurla-t-il, en se ruant vers la chambre de son fils.

 

L’adolescent, malgré toute sa bonne volonté, ne parvint, cependant, pas réprimer un frisson d’horreur en apercevant la sombre silhouette qui apparue alors à l’autre extrémité du couloir. Arrivée qui n’échappa pas non plus à la jeune femme qui écarquilla les yeux, horrifiées.

 

         « James… ! Il… »

 

         Mais le sorcier s’était déjà déplacé, s’interposant devant la porte de la chambre.

 

         « Lily, pense d’abord à Harry ! » s’écria-t-il, en la repoussant dans la pièce.

 

         La jeune femme hésita et voulu protester mais les premiers sanglots de son fils la ramenèrent à la réalité, pour découvrir l’expression effrayée du bambin qui fixait la silhouette de mort qui s’approchait, baguette à la main, un petit sourire mauvais aux lèvres. Elle se détourna aussitôt et referma vivement la porte derrière elle, qu’elle scella d’un sort.

 

         L’adolescent reporta alors son attention sur sa version adulte qui se dressait à présent, seule, face à Voldemort lui-même.

 

         « Expelliarmus. » lança, nonchalamment, le mage noir.

 

         L’adolescent vit avec effarement, sa version adulte se retenir au chambranle de la porte, dans une tentative désespérée de contrer l’effet du sort de Désarmement, mais se retrouva, tout de même projeté au sol tandis que sa baguette arrivait aux pieds de Voldemort qui esquissa un sourire triomphant et ne prit même pas la peine de ramasser l’objet.

 

         «- Comme on se retrouve, Potter ? ironisa le mage noir, alors que son adversaire, se relevant vivement et animé par une farouche détermination, revenait s’interposer devant la porte menant à la chambre de son fils. Je dois admettre que j’ai eu quelques difficultés à vous retrouver mais… Comme tu peux le voir par toi-même, personne n’échappe éternellement à Voldemort ! jubila-t-il, sa baguette distraitement pointée. Voilà ce qui arrive quand on choisit mal son Gardien du Secret et quand on s’obstine à me tenir tête…

 

          - Je préfère mourir que de me joindre à vous, je vous l’ai déjà dit ! rétorqua, sèchement, James.

 

          - Oh, mais c’est ce qui va t’arriver, Potter ! ricana Voldemort. Ceux qui s’opposent à moi doivent disparaître. C’est aussi simple que ça. Et si tu espère me retenir pour permettre à la Sang-de-Bourbe de s’enfuir, c’est que tu es bien plus présomptueux que je l’imaginais ! ajouta-t-il, moqueur. Tu ne peux pas me résister, Potter, encore moins me battre, et tu le sais aussi bien que moi…

 

          - Si vous voulez me tuer…, alors tuez moi ! riposta, durement, James. Mais laissez Lily et Harry hors de ça. »

 

         Voldemort éclata de rire, faisant frémir l’adolescent qui se recula un peu plus, sans quitter des yeux la baguette qui traînait aux pieds du mage noir.

 

         «- Assez plaisanté, Potter ! reprit, finalement, le sorcier. Tu connais aussi bien que moi le potentiel magique de ton fils. Et tu t’imagine vraiment que je vais épargner un ennemi potentiel de cette valeur ? En fait, pour tout te dire, ce gosse m’intéresse bien plus que toi… Toi, tu n’es, tout au plus, qu’un simple…échauffement en comparaison. Mais, si ça peut te rassurer, Potter, il n’y aura que deux meurtres ce soir… !

 

          - Je ne vous laisserai pas vous approcher de Harry ! cingla James.

 

          - Tu crois ça ? »

 

         L’adolescent fixait toujours la baguette qui traînait sur le sol. Si seulement il pouvait trouver un moyen d’intervenir… Une idée lui vint à l’esprit, le faisant sourire. Il ne pouvait pas interférer dans l’action même de ce qui se passait…, mais il pouvait influencer les évènements… Et cela, discrètement, étant donné que personne ne pouvait le voir.

 

         Il en était là dans ses réflexions lorsque…

 

         « Endoloris. »

 

         L’adolescent grimaça alors que sa version adulte, prise par surprise, était projetée sans ménagement au sol, sous le coup du Sortilège. L’adolescent, s’efforçant d’ignorer la souffrance évidente de sa version adulte et de ne pas penser au fait que ça serait lui qui, dans quelques années, subiraient l’attaque du mage noir, se décida à intervenir, profitant que Voldemort était concentré sur son adversaire qui s’efforçait, tant bien que mal de se relever.

 

         L’adolescent se déplaça, de façon à se trouver, légèrement derrière sa version adulte qui continuait à provoquer verbalement le mage noir. L’adolescent s’accroupit, les yeux fixés sur la baguette, tout en cherchant la sienne dans sa poche…avant de se rappeler qu’il l’avait laissé sur la table de la “salle des expériences” lorsqu’il préparait la potion de Lire-Mémoire.

 

         « Et mince ! » songea-t-il, frustré par la situation.

 

         Comment avait-il pû être aussi stupide pour ne pas penser à prendre sa baguette, alors qu’il savait pertinemment qu’il se trouverait dans un contexte qui en nécessiterai l’utilisation ? Quoiqu’il en soit, il allait devoir s’en passer. Il inspira profondément pour essayer de se calmer, alors que, à quelques pas de lui, Voldemort lançait un nouveau sort que sa version adulte contra habillement.

 

         L’adolescent devait se concentrer. Déjà que, en temps normal, la magie sans baguette n’était pas son fort…, dans de telles conditions, parvenir à faire ce qu’il voulait tiendrait du miracle… En effet, la concentration n’était pas vraiment sa vertu première, sauf durant les matchs de Quidditch…

 

         « Imagine que tu es en plein match, songea-t-il. Pense que cette baguette est le Souaffle. Visualise mentalement le sortilège de “Déplace-tout”. »

 

         A son plus grand soulagement, il vit l’objet bouger aux pieds du mage noir qui était trop occupé pour s’en rendre compte. L’adolescent s’efforça cependant à ne pas crier victoire trop tôt. Non seulement, il devait réussir à canaliser le sort, mais, surtout à l’employer prudemment, par crainte qu’un déplacement trop brutal n’attire l’attention du mage noir. Progressivement, l’adolescent, concentré sur la baguette, parvint lentement, petit à petit, à éloigner l’objet de Voldemort.

 

         Mais si ce déplacement sembla échapper au Seigneur des Ténèbres, ce ne fut pas le cas pour son adversaire qui haussa les sourcils et relâcha, momentanément sa concentration sur le charme du Bouclier qu’il s’efforçait de maintenir, de sorte qu’il fut heurté de plein fouet par le sort lancé par son adversaire, le projetant durement contre le mur le plus proche. Visiblement sonné, l’espace d’un instant, par le choc, James se retrouva bien vite menacé par une baguette pointée sur sa gorge, alors que Voldemort lui faisait face, un sourire mauvais aux lèvres.

 

         L’adolescent, stupéfait par ce qui venait de se passer, avait perdu sa concentration, surtout que, au même instant, la porte de la chambre s’ouvrit.

 

         « James ! »

 

         L’intéressé tressaillit à peine, alors que l’adolescent, depuis son poste d’observation, sursautait, pris au dépourvu.

 

         «- Oh, qui voilà ? ironisa le mage noir tout en appuyant un peu plus l’extrémité de sa baguette contre la gorge de son adversaire, en apercevant la jeune femme, inquiète, qui, sa propre baguette à la main, se tenait sur le seuil de la porte.

 

          - Lily…, non ! Tu… »

 

         Il s’interrompit lorsque Voldemort accentua un peu plus la pression de sa baguette.

 

         «- Il me suffirait d’un sort, Potter…, siffla Voldemort.

 

          - Laissez-le, je vous en supplie ! intervint la jeune femme dont le regard ne cessait de passer de son mari au mage noir.

 

          - Lils…, ça va aller ! lâcha, tant bien que mal, l’adulte en lui jetant un bref regard. Ca…Oh non. » souffla-t-il, ses yeux s’écarquillant de crainte.

 

         En effet, Harry, profitant de l’inattention de sa mère, s’était glissé hors de sa chambre, par l’entrebâillement de la porte, et se trouvait, à présent, dans le couloir, à l’effroi de la jeune femme qui prit conscience au même instant, de la situation.

 

         « Harry… » souffla-t-elle, paralysée par la surprise.

 

         Mais le mage noir avait également aperçu l’enfant (celui-ci, ayant découvert la baguette qui traînait au milieu du couloir, s’amusait désormais, avec en toute insouciance du danger, sous le regard effaré de ses parents) et esquissa un sourire satisfait.

 

         « Oh, mais voilà la petite terreur. » gloussa-t-il.

 

         Le bambin sursauta, surpris, la baguette qu’il avait entre les mains se retrouvant ainsi pointée sur Voldemort qui se retrouva alors bariolé de la tête au pieds, offrant un curieux dégradé de vert agrémenté de rayures roses fluo.

 

         Mais cette brève diversion suffit à James qui rejeta vivement la tête en arrière pour se soustraire à la menace de la baguette, tout en “tâclant”, au passage les jambes du mage noir qui, prit au dépourvu, perdit l’équilibre et s’étala dans le couloir. Dans le même temps, James s’était déjà relevé et avait récupéré sa baguette, tandis que Lily, semblant se remettre de son choc premier, s’était précipitée sur son fils qu’elle serrait à présent contre elle.

 

         «- Lily, va-t’en, lui intima son mari. Vite !

 

          - Non, James ! Pas sans toi. Je reste avec toi…

 

 - Lily, fais-le, pour moi. Pour Harry Va-t-en avec lui ! Cest loccasion ou jamais ! Tout se passera bien, je te le promet. Mais fais vite ! Va-t-en »

 

         Mais Voldemort s’était déjà relevé, plus furieux que jamais et toujours aussi coloré.

 

         « Aucun de vous ne va aller nulle part ! Et tu vas regretter très cher ce que tu viens de faire, Potter ! » persifla le mage noir.

 

         James se retourna aussitôt vers le sorcier, s’interposant ainsi entre son ennemi et sa femme et son fils.

 

         «- Très chouette la peinture… ! se moqua-t-il, en esquissant un bref sourire. Quoique le vert à rayures roses ne soit pas vraiment à la mode ces…

 

 - Je vais te passer l’envie de faire le malin, Potter… Avada Kedavra ! » lâcha le mage noir montrant ainsi sa volonté d’en finir au plus vite.

 

         Une effroyable lueur verte éclaira la pièce, lespace dune seconde. Sous le regard effaré de l’adolescent, James repoussa brutalement sa femme vers la chambre de son fils, avant d’être touché de plein fouet par le sort.

 

         « JAMES ! NON ! » hurla la jeune femme, désespérée, en le voyant tomber au sol…mort, sous le rire glacial de Voldemort.

 

         Incapable de bouger, la vue obscurcie par des larmes quelle narrivait pas à contenir, elle revint à la réalité et détacha son regard du corps inanimé de son mari en prenant conscience des pleurs horrifiés de son fils. Elle devait rester forte, pour son fils, par amour pour James Serrant un peu plus lenfant contre elle, elle leva les yeux vers Voldemort qui affichait un sourire satisfait.

 

         « Vous nêtes quun monstre ! » lâcha-t-elle, froidement.

 

         Le mage noir se tourna vers elle, une lueur mauvaise animant ses yeux écarlates.

 

         « Vraiment ? » ironisa-t-il, pas plus affecté que ça, en s’avançant dans sa direction, sous le regard choqué de l’adolescent.

 

         La jeune femme fit alors la première chose qui lui venait à l’esprit, claquant la porte de la chambre de son fils derrière elle, la verrouillant d’un sort. Voldemort esquissa un sourire sarcastique qui fit frémir l’adolescent qui, toujours dans le couloir, fixait avec effarement le mage noir.

 

         « Pathétique. » siffla le mage noir, avant de pointer sa baguette vers la porte qui s’ouvrit à la volée lorsqu’il eut murmurer, négligemment, un sort.

 

         Voldemort pénétra dans la chambre, suivit de l’adolescent anxieux mais déterminé à en savoir le plus possible. Il voulait savoir…

 

Lily était au beau milieu de la chambre, serrant son fils contre elle. La sombre silhouette se dressait, à présent, devant elle, la baguette destructrice à la main. Il venait de lui enlever son mari et maintenant, il allait lui arracher son fils. Mais ça, elle ne le laisserait jamais faire.

 

         «- Donne-moi l’enfant… ! intima-t-il, froidement.

 

 - Jamais ! » riposta-t-elle, en déposant son fils par terre

 

         Le mage noir eut un sourire mauvais, alors qu’elle s’interposait entre le petit garçon et le Seigneur des Ténèbres.

 

         «- Je ne suis pas d’humeur à plaisanter, alors donne-moi l’enfant ! rétorqua-t-il, la baguette levée. Pousse-toi…

 

- Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas lui ! répliqua-t-elle, d’une voix implorante.

 

          - Pousse-toi, espèce d’idiote... Allez, pousse-toi...

 

          - Non, pas Harry, Je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place... »

 

         Voldemort hésita un instant, visiblement surpris par la détermination farouche dont faisait preuve la jeune femme pour protéger son fils. Une lueur de mauvaise augure passa, finalement dans ses yeux écarlates, sa décision prise…, alors que, pendant ce temps, la jeune femme s’était détournée et s’était accroupie devant son fils.

 

         « Je taime Harry, noublie jamais ça, souffla-t-elle en déposant un rapide baiser sur son front et en le serrant brièvement contre elle. Je taime de tout mon cœur et je taimerai toujours. Ton père et moi, nous serons toujours là pour toi, noublie jamais ça »

 

         Elle reporta son attention vers le mage noir lorsque celui-ci reprit la parole.

 

         « Tu ne me laisse pas le choix. Puisque c’est ce que tu veux, je te tuerai d’abord, avant d’éliminer ton fils… Avada Kedavra ! »

 

Lintense lueur verte éclaira la pièce, sous le regard effaré de ladolescent et toucha de plein fouet la jeune femme dont le corps heurta le sol dans un bruit sourd, sous le regard innocent du nourrisson.

 

         Le garçonnet se retrouva alors face à face avec celui qui, en quelques instants, avait tué ses parents, sans le moindre scrupule, devant ses yeux. L’enfant regarda, sans comprendre, le visage blafard de celui qui lui faisait face.

 

         « Plus que toi et plus rien ne pourra m’empêcher de dominer tout le monde ! D’afficher ma suprématie sur la population sorcière et Moldue ! Je vais enfin exterminer le dernier héritier de Gryffondor ! triompha le Seigneur des Ténèbres. Avada Kedavra ! »

 

         L’intense lueur verte éclaira alors, pour la troisième fois, la pièce. Le fatal sortilège toucha l’enfant et ricocha, venant heurter de plein fouet son expéditeur.

 

         Tout se troubla soudain... Un bruit terrifiant résonna dans la pièce, alors que, sous leffet de la violence du sortilège, les murs de la maison seffritaient, se fissuraient...

 

         Ladolescent ne réfléchit pas une seconde de plus.

 

         « Finite incantatem.» \\

 

* * * * *

 

         Lorsque James ouvrit à nouveau les yeux, il était revenu dans la “salle des expériences”, ébranlé, mais en un seul morceau. Il revint à la réalité alors que, au même instant, Harry sortait, en sursaut de sa léthargie.

 

         « Bien sûr…, lui aussi a revécu ce souvenir… » songea James, éprouvant, du même coup, un sentiment de culpabilité, en notant les yeux légèrement écarquillés de son “camarade” dont la respiration restait précipitée.

 

         Visiblement, Harry accusait le coup et James se surpris à ce demander de quoi il devait avoir l’air lui… Jetant machinalement un regard à ses mains, il réalisa alors qu’elles tremblaient… En fait, il tremblaient de la tête aux pieds… Il se laissa choir sur une chaise, la tête entre les mains, incapable de rester debout plus longtemps.

 

         « Ca va ? »

 

         James sursauta et se tourna vers Harry qui l’observait, le teint un peu plus pâle que de coutume, avec inquiétude. James voulut répondre que tout allait bien mais il ne parvint pas à prononcer le moindre mot, si bien qu’il se contenta d’un bref signe de tête positif. Harry haussa les sourcils, se leva et s’approcha de lui. Après un moment d’hésitation, l’adolescent posa la main sur son bras droit et rencontra son regard. Ce simple contact s’accompagnant, comme à chaque fois, de l’étrange sensation qu’ils s’étaient habitués à éprouver dans ces cas là, de sorte que James n’y prêta pas grande importance.

 

         « Je comprends ce que tu peux ressentir, souffla Harry. Je n’aimerai pas assister à ma propre mort… Mais, tu sais, si je n’ai pas une idée très précise de la façon dont tout cela est arrivé…, je…je peux t’assurer que…mon père est mort avec honneur…droit et fier face à Voldemort et… »

 

         James soutint le regard de Harry et y fut surpris par la petite lueur qui y brillait et qu’il était bien capable de définir avec précision.

 

         « Mes parents ont été assassinés, mais ils ont, jusqu’au bout, fait preuve d’un immense courage face à un des plus puissants mages noirs qui soient… Alors, si ça peut te remonter le moral…, même si, pour moi ce n’est pas toujours évident d’être à la hauteur de la bravoure dont ils ont fait preuve, je sui fier d’avoir eut de tels parents et… »

 

         Harry se tut, secoua la tête et soupira.

 

         «- Je ne suis même pas sûr de savoir moi-même où je veux en venir, commenta-t-il en esquissant une petite moue embarrassée qui fit sourire James.

 

          - Je pense que je comprends ce que tu voulais dire, Harry ! assura-t-il d’une voix qu’il voulait la plus neutre possible. Merci…

 

          - Pourquoi ?

 

          - Pour tout, Harry. Pour m’avoir laisser voir ce souvenir en t’obligeant à le revivre au passage…, pour être toi…, pour…pour tout ce que tu as fait pour moi jusque là… »

 

         Harry sourit.

 

         « Ca m’a permis d’apprendre que j’étais sacrément obnubilé par les baguettes quand j’étais petit, commenta-t-il en arrachant ainsi un sourire au Maraudeur. Et que je faisais déjà, à cet âge, tourner Voldemort en bourrique ! »

 

         Grâce à l’entrain, un peu forcé visiblement, de Harry, James se sentait un peu mieux. Bien sûr, ce qu’il avait vu dans ce souvenir était encore on ne peut plus présent dans son esprit mais le fait que Harry soit là pour noter l’humour de la situation était pour beaucoup dans le calme qu’il recommençait à trouver… Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher d’être troublé…, la vision de lui, adulte, touché de plein fouet par l’Avada Kedavra et s’effondrer, mort, au sol, était plus qu’angoissante… mais, au moins, il avait la preuve que, malgré tout, il tiendrait tête à Voldemort jusqu’au bout…, comme un digne héritier de Gryffondor…

 

 

Chapitre précédent                                        Chapitre suivant

 

 

Aller au Chapitre :   01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,

           10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,

                                 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29

                                                      30, 31, 32, 33

 

 

Fanfictions

Sommaire